On ne peut imaginer la libération des femmes sans la libération de la planète du joug des hommes

Notre libération en tant que femmes de la tyrannie des hommes, est aussi celle de la planète.

Aujourd’hui les hommes sont en train de mener la terre vers une extinction massive, et seule la chute de l’empire patriarcal global pourra mettre fin à cette folie biocidaire, génocidaire, nommée « civilisation industrielle », « capitalisme ». S’il est encore temps, si les dégâts ne sont pas déjà irréversibles, mais seul l’avenir le dira. Les hommes ne s’arrêteront pas d’eux-mêmes, quelque-chose devra les y contriandre: soit la terre les détruira et noues avec, soit noues, on devra les faire descendre de leur tour d’ivoire par force, d’une manière ou d’une autre. Les hommes doivent être contraints de respecter les rythmes et règles de l’équilibre de la nature, sans quoi ils semblent incapables de se limiter eux-mêmes. Leurs propres lois et règles ne servent qu’à interdire toute forme de résistance à leur folie biocidaire, et ne protège que les pires des criminels.

Je voues laisse découvrir ce film, dont la première partie montre la merveille de la création de la vie dans l’océan. Je n’ai pas de mots pour décrire l’émotion face à tant de beauté.

En deuxième partie, l’espèce de golleck, parlant de l’homme comme étant l’humanité, oubliant que les femmes ne sont pas celles qui participent et qui organisent cette destruction planétaire, décrit les atrocités commises par les hommes sur l’océan.

Les solutions qu’il propose ne touchent évidemment pas une once à la racine du problème, qui est que l’organisation sociale de l’humanité est prise en otage par les hommes. Que les femmes, et la reproduction chez les femmes est prise en otage par les hommes. Que pour maintenir ce contrôle sur les femmes, les hommes doivent contrôler tout l’environnement, pour empêcher les femmes d’échapper, de vivre en dehors du pouvoir des hommes. Dans leur délire de toute-puissance, de devenir le dieu reproducteur, ils mènent la planète vers la mort.

Noues devons les arrêter. Libérons noues-mêmes, nos filles, nos enfants, et toutes les espèces vivant sur ce paradis qu’est la terre, du joug des hommes.

Je n’ai rien d’autre à dire aujourd’hui, en ce jour de noëlle.

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Bande de filles – analyse du film

Je dois dire qu’en tant que cinéaste, Céline Sciamma a un talent et une qualité de filmer exceptionnels.

Mais… Ce film est une déception, d’un point de vue féministe. Je ne suis pas non-plus surprise, dans la mesure où j’avais vu le film « Tomboy », qui en fait présente les mêmes problèmes que pour le film « Bandes de filles », puisqu’elle y réutilise les mêmes procédés d’image et de narration simplement qu’elle a troqué le cadre, le lieu, les personnes, le contexte socio-culturel avec un autre.

Avant de poursuivre, je voudrais simplement dire que ma critique n’est absolument pas contre le travail de Céline Sciamma en tant que tel mais sur l’approche filmique où pèse fortement le point de vue du dominant, au détriment d’un point de vue gynocentré (centré sur les femmes). Cette critique s’applique évidemment sur 99,99% des films qui sont évidemment bien pires que celui-ci, mais la raison pour laquelle j’ai choisi d’écrire sur ce film en particulier est parce qu’il est présenté comme film féministe, et je voudrais émettre plusieurs bémols sur ce point, et aider à comprendre pourquoi en soi filmer des femmes marginalisées n’est pas nécessairement féministe.

Bande-de-filles

Des femmes absentes d’elles-mêmes :

Son film demeure rivé à la surface de ses personnages, c’est à dire à l’apparence qu’elles prennent et les comportements sociaux qu’elles adoptent dans un contexte donné. Le sujet, en fait, ne sont pas les quatre filles de la bande, mais la « performance de genre », le travestissement changeant entre masculin et féminin… J’en dirai davantage sur l’idéologie derrière le concept « d’identité de genre » défini comme une « performance », pour l’instant je reprendrai simplement ce terme avec des guillemets.

Ça donne, d’abord, un film sans sujet (en tant que sujet humain), puisque le sujet du film (le thème) n’est pas une ou des personnes ainsi que leur histoire mais cette entité indéfinissable qu’est la « performance de genre ». C’est à dire que les femmes du film ne sont pas sujets mais simplement des véhicules, des courroies pour ce sujet central qui est la transformation d’un ensemble de choix vestimentaires, de maniérismes et de comportements donnés à un autre, changeant en fonction de « l’identité de genre » choisie. En tant que véhicule à « performance », les quatre filles sont interchangeables, toutes les mêmes. On aurait pu voir d’autres filles, dans d’autres tours, ça aurait été le même film.

C’est donc un film d’un point de vue dissocié, sur des filles anesthésiées. On est données à voir des femmes absentes d’elles mêmes, puisque cette non-entité (la « performance de genre ») fait écran entre noues et elles, entre elles et elles. Cantonnées dans une observation extérieure, on reste spectatrices de manifestations qui ne leur appartiennent pas, qui leur sont plaquées par les dominants (les hommes de leur groupe d’une part, et les hommes blancs dominants d’autre part). Comme si l’on ne voyait que leur fantôme déambuler et que la seule réalité concrète c’est ces bouts de vêtements, de maquillage, de gestes, qui ne leur appartiennent pas vraiment. L’on n’entrevoit pas de volonté, pas de caractère propre en dehors de ces rôles qu’elles s’efforcent de jouer, si ce n’est la volonté de la personnage principale de passer de coquille en coquille. On a envie de secouer les femmes, qu’elles prennent vie, d’entrevoir leur humanité, leur résistance qui leur est sienne sous cette couche de stigmates qui les recouvre et enterre.

De fait, on en ressort avec un sentiment de vide.

Ce qui est montré sans être dénoncé, est soutenu :

Si l’on montre de la violence à l’encontre des opprimées (ou entre les opprimées) ou des clichés haineux sur elles sans les critiquer ouvertement, sans les placer dans le contexte d’oppression qui permet d’identifier les responsables de ces violences et contraintes, sans montrer les opprimées comme sujets (et non dissociés) ça revient à réaffirmer le point de vue du dominant sur ces violences.

Une collection de stigmates misogynes et racistes :

J’étais venue dans l’espoir d’en apprendre quelque-chose sur la vie de femmes en banlieue, un aspect de leur vie en dehors des représentations stigmatisantes (ou une moins une forme de résistance à celles-ci), de découvrir des femmes fortes : mais pour un film qui se veut réaliste, la seule chose que j’ai pu apprendre, c’est que les femmes noires en banlieue sont effectivement l’incarnation de tous les clichés sexisto-racistes qui leur sont attribués par les dominants : braillardes, en échec scolaire, bling bling, se battant avec d’autres femmes et s’insultant à la moindre occasion (misogynes), voleuses, racketteuses, ultra féminines ou ultra-masculines, écoutant de la musique forte dans le RER, imitant des logiques de gang des hommes, dont l’unique activité est d’aller à la défense, faisant des concours de hip hop, martyrisées par les hommes de leur quartier et de leur famille (il n’y aurait que dans les banlieues où les hommes seraient frontalement violents), prises dans des réseaux mafieux de drogue, faisant des enfants à 15 ans, et dont la mère travaille comme femme de ménage dans des grands bureaux ; toutes vivant dans des tours et des quartiers très très glauques sans aucune forme de vie et d’activité en dehors de ces représentations mentionnées ci-dessus (même pas de voisine qui dit bonjour, de mémé qui revient du Proxi du coin avec son cabas, que sais-je…).

Il n’y pas de dispositif dans ce film qui permet de dénoncer ces clichés, ne serait-ce qu’en montrant que certaines filles peuvent se vivre autrement qu’à travers les yeux du dominant, même pendant de brefs instants. Même avec le recul donné par les travestissements successifs que prend la personnage principale (de fille rangée à membre d’un gang de filles ultra féminin à victime/membre d’un gang d’hommes mafieux, où elle jongle entre travestissement féminin et masculin), c’est le travestissement féminin/masculin qui est sujet à transformation, et non les clichés et stigmates sur la réalité et la vie des femmes de banlieue en tant que telles, qui eux restent figés tout au long du film.

J’ai fortement le sentiment de voir un film ethnologique qui s’introduit dans une communauté que la réalisatrice ne connaît pas, qu’elle représente uniquement par le miroir stigmatisant que leur renvoie les dominants, par un prisme qui ne fait que renforcer leur altérité. Sans jamais vraiment leur donner la parole, sans remettre ces rituels dans un contexte socio-politique et sans les montrer en dehors de ces rituels.

La violence déréalisée :

En ce qui concerne la violence des hommes, bien que les hommes soient clairement identifiables comme « méchants » (sauf le petit copain de la personnage principale, où les rapports sont complètement érotisés) leur violence est montrée comme des fragments déconnectés de la vie des femmes, puisqu’en dehors de ces faits elles sont dans des modes de dissociation collective en enfouissant leur douleur dans des apparences préfabriquées, et aucun lien explicite n’est fait entre les deux « vies ». L’effet est assez schizophrène, et on n’a jamais accès à une forme de révolte, de haine ou de volonté de libération consciente, intentionnelle, formulée. Je trouve ce choix assez sadique envers les personnages et les femmes qui regardent : même si la colonisation psychique est effectivement une réalité chez toutes les femmes sous contrôle très fort, montrer des femmes tout le temps dissociées sans moyen de rompre cet effet de stupeur et de sidération que causent les violences, sans moyen de faire le lien entre les violences et ces comportements colonisés, sans instant de lucidité ou de conscience, ben… c’est dissociant. Ça ne fait que se greffer à notre propre dissociation, celle de faire comme si les violences n’existaient pas, de vouloir continuer à vivre comme si rien ne s’était passé, etc.

Je trouve aussi qu’il y a une fascination morbide à se cantonner sur les travestissements des personnages alors qu’elles sont en pleine détresse, qu’elles sont bombardées de toutes part et que les vrais enjeux de leur survie ne se jouent absolument pas dans ces détails vestimentaires mais dans les contraintes matérielles à leur autonomie. Comme si on filmait de près les transformations en surface d’une souris torturée dans un laboratoire, et que ce contexte de torture est complètement zappé. C’est déréalisant, ça fait à côté de la plaque : se focaliser sur les effets esthétiques de la violence sur les victimes c’est une façon de s’en dissocier.

Quant aux scènes des violences entre femmes, pas de remises à l’endroit… Ça fait mal à voir.

Encore une chose : comme par hasard, les seuls films diffusés dans les salles de France où l’on peut voir la violence frontale des hommes contre les femmes, c’est soit des films réalisés par des étrangères sur leur propre pays (qui sont d’ailleurs souvent excellents, je pense notamment à Wadjda ou Le procès de Viviane Amsalem), soit des films français se cantonnant sur des micro-groupes d’hommes opprimés en France (les mecs de banlieue), ou sur la violence d’un seul homme (un conjoint violent, un proxénète, un violeur… et d’autres hommes sont typiquement montrés comme sauveurs ou gentils). Dans les deux cas, ça n’attaque absolument pas le patriarcat français ou occidental dans son ensemble, ça va même dans son sens. Ce genre de films sont diffusés parce que ça efface tout simplement l’organisation globale et ultra hiérarchisée de la violence patriarcale. De plus, montrer certains oppresseurs du doigt et pas d’autres c’est diviser les femmes entre elles (certaines seraient des « vraies » opprimées et d’autres non).

La performance de genre, ou l’influence de la théorie queer sur les lesbiennes qui font du cinéma.

Pour finir, c’est quoi cette « performance de genre » que s’attache à filmer Céline Sciamma, d’abord ?

La performance de genre, c’est une idée qui vient des queers (des hommes gays) et des « études de genre », et qui a surtout été théorisé par Judith Butler, elle-même reprenant les théories postmodernes d’hommes gays tels que Foucault, Deleuze, qui sont des virils masculinistes de premier ordre. Toutes ces théories postmodernes sont des retours de bâton anti-féministes, survenus méthodiquement après le mouvement de libération des femmes.

La théorie queer sur le genre part du principe que les rôles assignés aux hommes et aux femmes seraient des identités changeables, transformables, quelque-chose avec lequel on peut « jouer », passer de l’un à l’autre comme on changerait une chemise. Le genre, en tant qu’identité, ne serait qu’une performance permanente, un déguisement et un ensemble de rituels qu’on jouerait. Ce qui est défini comme oppressant ne sont pas les hommes et leurs violences contre les femmes, mais le fait d’être assigné à un « genre » à la naissance et donc de ne pas pouvoir exprimer l’identité de genre quand on veut et comme on veut.

Cette vision est postmoderne parce qu’elle est individualiste, anti-féministe, anti-matérialiste (dénie les rapports d’oppression qui fabrique cette hiérarchie binaire et attribue la responsabilité de l’oppression à une question de choix individuel chez l’opprimée).

D’abord, les assignations à la caste des hommes ou des femmes ne sont pas interchangeables, puisqu’ils sont le produit d’une oppression qui se maintient par la violence. Quand bien même on déciderait individuellement de se couper les cheveux et s’habiller comme un homme voire de se couper les seins et les ovaires, cela ne noues donne pas pour autant accès aux pouvoirs et protections des hommes (pire, dans le cas où on se mutile le corps, ça ne fait que noues… mutiler). Le système d’oppression exclut par définition cette possibilité de changer de caste, puisqu’elle contraint le groupe opprimé à rester opprimé. Seule une libération collective et une destruction concrète du pouvoir des hommes à noues opprimer peut attaquer l’oppression patriarcale et notre assignation à la soumission sexuelle aux hommes.

De plus la féminité ne peut être une identité pour les femmes, quelque-chose de positif qui construirait notre subjectivité ainsi que notre appartenance à un groupe : au contraire elle anéantit notre être, noues isole des autres et rompt notre appartenance à l’humanité.

L’habillement « féminin » nous est imposé uniquement pour nous marquer en tant que caste inférieure dans l’espace public, et comme cible à agresser sexuellement (maquillage, voilement, couleurs et formes spécifiques pour les femmes) ; pour nous chosifier (vêtements qui mettent en étalage notre corps comme un ensemble de morceaux à être attrapés et chosifiés par les hommes ; soutien-gorge, etc) pour limiter notre liberté de mouvement, nous handicaper, nous priver de nos sensations et des protections au chaud, au froid et aux intempéries que sont sensés accomplir l’habillement (talons hauts, vêtements trop serrés, trop fins et trop courts, etc.) et pour susciter la haine et le dégoût de soi (industries cosmétiques basées sur la mutilation, la dévalorisation et la persécution).

Les rires et sourires nerveux chez les femmes, le fait de ne pas prendre de place, de se mouvoir de manière indécise et craintive, de parler avec une voix aigüe, d’avoir le regard dissocié, de chercher l’attention des hommes sont un ensemble de gestes et de manières qui sont obtenus par une succession de violences permanentes et quotidiennes des hommes, qui noues contraignent à adopter des comportements de soumission à eux, parce qu’on a peur de leur violence. Ces comportements sont liés au fait concret d’être opprimées par les hommes, et ne sont pas simplement le résultat d’une socialisation culturelle et identitaire.

Seule la virilité peut être définie comme identité en ce qui concerne les hommes, car elle est source de valorisation, les construit en tant que sujets inviolables et cimente leur appartenance au groupe dominant. Toutefois ce n’est pas cette identité en elle-même qui leur confère leur pouvoir d’opprimer mais la violence concrète qu’ils organisent contre les femmes et qui assure à chaque homme des privilèges, acquis et pouvoirs sur les femmes. L’identité ici sert à leur rendre cette violence socialement acceptable et à briser leur empathie pour leurs victimes. Qu’ils rejettent ou non certains aspects de la virilité (comme mettre des cravates, se couper les cheveux courts, marcher et regarder comme une brute…) ne change rien au fait qu’ils maintiennent leur pouvoir de classe tout au long de leur vie.

Bref, je m’étale… Tout ça pour dire que la démarche de Céline Sciamma, celle de se focaliser uniquement sur le travestissement, « la performance de genre » ne sort pas de nulle-part. De fait, l’approche de la réalisatrice, en tant que Lesbienne, est influencée par le milieu LGBT (réquisitionné par les hommes gays) d’où proviennent toutes les idéologies et pratiques queer qui ont totalement infiltré les milieux féministes, en particulier féministes lesbiens, dans le but de supplanter nos théories avec des concepts négationnistes « queer ». Une idéologie qui est délibérément déréalisante, dissociante, car elle nie les rapports d’oppression structurels et s’obnubile sur des stratégies de survie des opprimées imposées en amont par les hommes (donc qui ne noues libèrent pas, qui ne noues permettent pas de conscientiser notre oppression et au contraire continuent de noues enfermer dans le système hiérarchique des hommes).

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Biocide

Bonjour bonjour.

Je revisite à nouveau ce blog, jusqu’ici malheureusement délaissé un temps par d’autres projets et occupations.

Je ne dois pas être la seule à être vraiment inquiète des températures d’été en Novembre. Je cherche sur google : rien, aucune information. « Changement climatique France octobre 2014 » : je tombe sur des vieux articles généralistes qui datent de 2013, ou d’août 2014, mais rien de spécifique sur la hausse incroyable des températures ces dernières semaines.

J’ai du mal à ne pas ressentir un vent de panique à chaque fois que je pense à ce que les hommes, ces dégénérés sur pattes, ont fait de ce paradis sur terre, notre terre. Qui sait combien d’années ou de décennies noues restent-ils, avant que tout lâche complètement ?

À toutes les femmes qui lisent, j’en profite simplement pour rappeler que cette catastrophe écologique est causée par les hommes, eux seuls. Par leur folie nécrophile, biocidaire, génocidaire. Ce sont les hommes qui ont étendu cet empire patriarcal qui aujourd’hui cause la mort de notre planète. Ils sont et ont été les chefs d’état, les économistes, capitalistes, chefs de guerre, industriels, colons, technocrates, décisionnaires de tous bords ; seuls les hommes ont le monopole d’absolument toutes les institutions qui sont à l’origine de biocide. Ce sont les hommes qui ordonnent de massacrer les kilomètres carrés de forêts, d’intoxiquer les eaux, les airs et la terre avec leurs poisons, qui imposent d’empoisonner notre nourriture en recyclant les restes d’armes chimiques après les guerres, qui ont crée les camps de torture et usines à abattoirs d’animaux, qui ont crée ce système économique basé sur la destruction, le pillage, l’extraction ; qui envahissent, sèment la guerre et pillent pour extraire le minerai, le pétrole, le cobalt, etc. La liste est sans fin.

Sachez que chaque homme fait partie du problème. Aucune solution, aucune résistance ne pourra se faire contre ce biocide tant qu’un seul homme a encore un pouvoir décisionnaire sur quoi que ce soit en ce qui concerne la vie.

Le patriarcat et le biocide ne font qu’un : piller, détruire, tuer la terre et en contrôler chaque parcelle, est ce qui prive les femmes la possibilité de fuir dans un ailleurs, de prendre refuge quelque-part, de se ressourcer, de noues nourrir. C’est tuer une partie de noues-mêmes, car noues sommes inséparables de notre environnement et des êtres qui peuplent ce monde, elle fait partie de notre vie, d’un équilibre, d’un cycle de vie global. C’est noues dévitaliser, noues retirer notre pouvoir de connexion avec les êtres amies. Détruire la terre c’est détruire ce qui noues est le plus cher, notre paradis sur terre, ce puits infini de richesse, de vie, de beauté, de sensations, de splendeurs..

Cette intentionalité de destruction, elle est du point de vue des hommes : eux seuls voient les êtres et les éléments comme un instrument pour accroître leur pouvoir nécrophile et détruire le pouvoir biophile des femmes. Or les êtres et les éléments ont évidemment une valeur intrinsèque, et non uniquement relative aux femmes. Les chosifier, les massacrer jusqu’à l’extinction ou les élever pour en extorquer les produits, détruire leur habitat, etc., est criminel.

Femmes, levons-noues, soulevons-noues, que notre dernier souffle, notre dernier cri de vie puisse écraser à jamais la folie nécrophile des hommes.

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PdV (Pénis dans Vagin) La suite

Prenons les choses autrement.

Sortons de toutes discussions sur le plaisir, parce que visiblement ça obscurcit les esprits et l’idée centrale de l’article. Considérez ce qui suit, quel que soit le plaisir qui puisse être obtenu par le PdV. Car ce qui suit vaut que l’on en prenne du plaisir ou non, quelle que soit votre définition du plaisir.

Les résistances au bon sens sont décidément phénoménales. Personne (ou presque) ne semble répondre directement au fait que le PdV soit de façon inhérente un risque et un danger qui peut être mortel pour les femmes, alors que ça ne l’est pas pour les hommes. Malgré cela, partout dans le monde, le PdV s’impose comme LA pratique hétérosexuelle incontournable, forcément fréquente ou régulière, « récréative », et d’une façon générale, les hommes sont incités à mettre leurs bites presque exclusivement (et prioritairement) dans les vagins des femmes – les femmes en âge de procréer étant les principales cibles. Le PdV est défini comme du sexe, comme de la sexualité, et les risques et les conséquences que ça représente pour les femmes sont au mieux minimisés, normalisés, sinon ignorés ou naturalisés, comme si c’étaient des conséquences normales d’une situation inévitable, naturelle, immuable comme la roche.

(j’arrête de dire le coït parce que tout le monde croit que je parle de toutes les pénétrations, or ici je ne parle spécifiquement QUE du PdV – bien qu’une analyse de la pénétration d’un point de vue féministe radicale soit évidemment pertinente).

Le postulat patriarcal / des hommes est le suivant:

1. PdV = sexe sans conséquences + nécessité hétéro (plus ou moins strictement, mais c’est généralement vrai)

2. Conséquences du PdV régulier pour les femmes = conséquences NORMALES d’une situation NORMALE (PdV).

Or ce postulat est Faux. Le PdV est une conséquence normale d’une situation ANORMALE (et par définition non-naturelle, puisque comme toute pratique humaine sociale, elle est éduquée, non instinctive…). La situation anormale étant d’exposer en permanence, fréquemment, ou à intervalles plus ou moins régulières, les femmes au risque de grossesse. Qu’elles le veuillent ou non, qu’elles y prennent du plaisir ou non. Et que soumettre les femmes régulièrement, fréquemment ou même de temps en temps au risque de grossesse, c’est extrêmement dommageable pour les femmes.

D’abord, le fait simple d’exposer une femme, par le PdV, au risque de grossesse en lui-même est un dommage, un préjudice, car cela nécessite de prendre des mesures pour mitiger ce risque, qui génère au MINIMUM du stress, la peur que ça fonctionne pas (préservatif – et c’est souvent que ça fonctionne pas), des moyens intrusifs qui brisent l’intégrité physique, psychique (pilule, stérilet, implant, ligature des trompes, stérilisation) et ont des conséquences graves sur la santé, qui peuvent inclure dans les pires cas le cancer, les maladies cardiovasculaires, des accidents graves, un handicap à vie, la mort. Même les cas graves sont fréquents mais totalement minimisés et considérés comme normaux.

Donc les conséquences décrites plus haut, c’est dans les meilleurs cas, ceux où on a eu de la pure chance, c’est à dire les cas où le risque de grossesse n’a pas abouti à une grossesse, les cas où on a réussi à mitiger le risque, mais pas éliminer le risque. AUCUN contraceptif n’élimine le risque du PdV. TOUS les contraceptifs comportent un facteur de risque plus ou moins élevé, y compris la ligature des trompes (elles peuvent repousser – une amie est née d’une trompe ligaturée). Et tous les contraceptifs, excepté le préservatif (celui le moins utilisé!!! On se demande pourquoi) ont des conséquences directes et graves sur la santé des femmes, en plus d’être intrusives physiquement et psychiquement, stressantes, parfois coûteuses, nécessitant de plus des consultations gynécologiques invasives, sadiques et stressantes.

Je récapépète: Pour les femmes en âge et en capacité de procréer, celles que les hommes exposent le plus au PdV, le risque de grossesse en lui-même ne s’élimine pas. C’est à dire que le risque reste toujours là, et donc également les conséquences des mesures prises pour mitiger le risque.

Ensuite, les conséquences du PdV incluent: grossesse non-désirée (traumatisant et invasif) suivi d’un avortement (traumatisant et invasif, qui peut causer des complications, des vomissements, des déchirements, la perforation utérine, une infection locale, une dépression, des pensées suicidaires, une hémorragie, et pour finir, des décès). Ou une grossesse menée à terme (9 mois de grossesse, extrêmement invasif et traumatisant surtout si non-désirée) qui inclut un accouchement d’une douleur généralement atroce, toutes les autres conséquences listées ici, qui peuvent mener dans les pires cas à des complications d’une gravité extrême, comme les fistules (regardez le magnifique film du fistula foundation), ou à la mort. Ok?

Etant donné que la majorité des hommes dans le monde refusent même de mettre la capote durant le PdV, et que l’immense, immense majorité n’accepterait pas même une vasectomie, qui pourtant est sans douleur (sous anesthésie), sans conséquences sur la santé (comparé à tous les contraceptifs existants pour les femmes, excluant le préservatif) il est certain qu’aucun homme, jamais jamais jamais de sa vie, n’accepterait le PdV si ça avait les mêmes conséquences sur lui que sur les femmes. Le bon sens voudrait qu’ils soient horrifiés et indignés de ce que leur font les femmes par le PdV, et ils arrêteraient tout de suite, ça serait suicidaire de continuer, ça n’aurait aucun sens.

toute mutilation corporelle au nom du maintien du PdV est totalement aberrant et inutilement destructeur, car il suffit de cesser le PdV comme pratique récréative (mais même pour féconder, le PdV est inutile: sperme sur vulve / orifice du vagin SUFFIT) c’est sans risques, ne requiert aucune modification destructive et mutilante du corps, simple comme bonjour!

Pourquoi les hommes nous mettent donc dans des conditions permanentes d’exposition au risque de grossesse, et appellent ça sexe?

Pourquoi les hommes contraignent-ils les femmes à la pratique régulière du PdV si les risques sont aussi graves pour les femmes?

Le fait est que les hommes continuent de mettre leur bite dans le vagin des femmes JUSTEMENT parce qu’il y a ce risque de grossesse. Qu’ils en soient conscients ou non n’a aucune importance, le fait est qu’ils connaissent tous le mode d’emploi pour traiter une femme comme un homme doit traiter une femme qui lui appartient, c’est à dire mettre sa bite dans son vagin, et éjaculer dedans.

Je parle bien de contrainte sociale, car toutes les formes de pressions sont mises en place par les hommes pour qu’on n’ait PAS d’autres alternatives possibles – allant de l’endoctrinement à l’hétérosexualité, mariage et au PdV par toutes les institutions patriarcales qui existent (le PdV est promu et normalisé absolument partout, par l’état, la religion, l’économie, les médias, des films lambda, magasines, presse, littérature, musique, culture, à la porno => toutes ces institutions étant contrôlées par les hommes) à la mise en dépendance affective et économique voire institutionnelle (mariage), à la violence individuelle et collective des hommes / institutionnelle, à la répression sociale en cas de non-conformité – mais souvent cette répression est tellement omniprésente qu’elle est intériorisée, où on n’en est pas conscientes car elle est normalisée. Que se passe-t-il si on refuse le PdV? Quelles sont les réactions du conjoint et des autres? Quelle est sa propre réaction?

L’accès des hommes aux femmes par le PdV, et donc l’exposition permanente des femmes au risque de grossesse, et par là le contrôle et l’appropriation des fonctions reproductives des femmes et l’appropriation des femmes en tant que telles par le PdV et le viol / « mariage », est le pilier de leur domination sur les femmes. Là dessus repose le patriarcat et sur quoi se greffent toutes les autres formes de domination patriarcale, puisque le patriarcat consiste d’abord et avant tout en le fait que les hommes soumettent les femmes de façon permanente et régulière au PdV, dans le but de forcer la reproduction d’humains mâles, et accessoirement de nouvelles reproductrices d’humains mâles. (Cf Paola Tabet « des outils et des armes » et Claire Michard). Les femmes sont réduites mondialement au rang, statut et fonction de « sexe pour l’homme », de « réceptacle » à sperme et à bite pour une raison: car c’est ce qui permet aux hommes d’avoir la mainmise sur les produits de la reproduction, la paternité, les enfants. Ils organisent donc la société de sorte à ce que les femmes n’aient pas d’autre choix que de subir les PdV réguliers, et soumettent les femmes à la captivité permanente par le « mariage » (maintenant « l’hétérosexualité », le « couple »), la traitent comme un objet marchand à échanger d’homme à homme, entre hommes.

Ce qui constitue l’identité masculine, patriarcale, est de pénétrer une femme, est d’être le pénétrant, celui qui est dessus. Tout le rapport au monde des hommes est basé sur la pénétration, la colonisation d’autrui, du monde de l’univers – l’univers autre étant considéré femme. Ce qui constitue la fonction des femmes dans le patriarcat (car ce n’est pas une identité dans le sens où ça ne permet pas d’être sujet, au contraire c’est un anéantissement du sujet) c’est d’être pénétrée par un homme, de lui servir de réceptacle creuse pour le produit de son sperme – l’enfant.

Les contraceptifs modernes jouent un énorme rôle à nous faire croire que nous nous sommes libérées de la tyrannie du PdV, or ce que ça a fait c’est justement l’inverse: ça a renforcé et normalisé encore davantage la contrainte au PdV comme pratique régulière, et renforcé notre colonisation. ça joue un énorme rôle dans la propagande libérale de « libération sexuelle » qui n’est autre que nous vendre le modèle de viol pornographique et prostitutionnel comme étant de la sexualité. Et la pilule ça contribue à nous faire croire qu’on peut y trouver un intérêt à servir de réceptacle à sperme pour n’importe quel homme, au lieu d’un seul dans le cadre du mariage. Je ne suis évidemment pas contre l’utilisation de contraceptifs lorsqu’ils peuvent éviter une grossesse, mais les contraceptifs ne sont pas une libération. Nous devons viser plus haut que recoudre les plaies et nous ramasser à la petite cuillère après des années de PdV. Une étape de la libération c’est déjà la cessation immédiate et sans appel du PdV, et par ailleurs une dé-hétérosexualisation de masse, étant donné le danger et l’épuisement des ressources que les hommes représentent pour les femmes (violences par conjoint, harcèlement, violences économiques, etc).

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Le coït, une aberration totale (sauf si on regarde sa fonction dans le patriarcat)

Je viens de découvrir avec beaucoup de joie une phrase de Christine Delphy dans la video de sa présentation du livre « femmes de droites » d’Andrea Dworkin à Violette & Co. Enfin un peu de bon sens! Elle parle brièvement de l’arnaque du « libéralisme sexuel » et la fonction qu’ont les contraceptifs et avortements dans le maintien de l’asservissement des femmes par les hommes – (qui passe par le coït):

« l’avortement, c’est ce qui va rendre toutes les femmes disponibles à tous les hommes. […] Une des excuses que les femmes pouvaient fournir pour ne pas coucher avec un mec c’était qu’elles ne pouvaient pas être enceinte, car après elles n’avaient plus la contraception, elles n’avaient plus l’avortement ».

Or, aujourd’hui, la pilule et l’avortement font que nous n’avons plus ce moyen de négociation possible, nous n’avons plus d’excuses pour refuser le coït aux hommes. Alors même que la pilule ne permet pas d’éliminer le risque de grossesse (il le réduit seulement) car une grande partie des avortements aujourd’hui se font chez des femmes entre 15 et 27 ans, qui prennent la pilule. Prendre la pilule, ce poison, ce toxique, subir cette invasion tous les matins, tout ça pour quand-même vivre avec la peur de tomber enceinte, la peur d’oublier sa pilule. Quelle arnaque. Combien de fois il n’y a ni préservatif, ni pilule, et que malgré tout, on prend le risque de « céder » au coït car on pense à la pilule du lendemain, et au pire, on se dit, il y a l’avortement. On ignore la peur, la terreur d’être enceinte car on veut croire au mythe qu’être égale à un homme c’est pouvoir baiser comme lui, sans conséquences. On essaie d’ignorer le fait que s’il n’avait pas insisté, initié, s’il n’y avait pas cette pression, cet horrible sentiment d’obligation, la peur de refuser car sinon on est rejetée, jamais on n’aurait pensé au coït. On essaie d’oublier qu’on n’en a pas envie, pas vraiment, pas tout à fait, il y a quelque-chose qui cloche. On veut croire désespérément au mensonge que l’on nous inculque, que « femme + pilule = homme ».

On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Comme tout ce qui est patriarcal, le fait que tout ça soit une libération pour les femmes est une inversion absolue: la réalité et que ça a assuré la continuation et le renforcement de notre asservissement total. La seule vérité que cela contient, c’est que c’est effectivement une libération des contraintes et obstacles à l’accès des hommes aux femmes, par le viol / coït.
Or le coït ne peut jamais être une pratique récréative pour les femmes car aucun contraceptif n’élimine les dommages causés par le coït: même le stérilet et la ligature des trompes n’empêche pas à 100% les grossesses – je connais plusieurs personnes qui sont nées des deux. Les dommages du coït ne peuvent être que légèrement mitigés, sachant que les contraceptifs hormonaux, stérilets + avortements sont en eux-mêmes des conséquences graves du coït sur notre santé et intégrité. Le coït comme pratique récréative est forcément inégalitaire, car il comporte des risques tellement énormes pour les femmes (grossesses non-désirées, avortements, complications liées aux deux, possibilité de mourir des complications ou de l’accouchement, problèmes de santé graves suite à des années de prise de pilule, etc) alors que pour les hommes, il existe des risques vraiment infimes (MST) et ceux-ci peuvent de toutes façons être totalement éliminés.

Voici ce qu’en dit Factcheckme:

if we are very, very lucky, perhaps some of us, for some period of time, can mitigate the severity and frequency (but not the occurrence) of the female-specific harms perpetrated on us, by men. and female-specific harm includes the risk of female-specific harm…which is harmful in itself, because its stressful and requires behavior and thought modification, because we were born with babymakers in a rape culture, and that has meaning. oh yes it does.

Nous avons donc les facteurs suivants:

1. nous, les femmes, à l’inverse des hommes, avons une machine à reproduire des bébés à l’intérieur de nous.

2. Cette machine à bébés s’enclenche lorsqu’un sperme entre en contact avec un ovule fécondable, c’est à dire lorsque le sperme passe par le vagin jusqu’à rencontrer l’ovule au bout, dans la trompe. Généralement ça se fait par ce qu’on appelle le « coït », l’insertion du pénis dans le vagin, mais la simple déposition de sperme sur la vulve peut suffire à rendre enceinte. (donc même l’idée que le coït soit nécessaire à la reproduction est un mythe)

3. Les hommes savent tout ça, que sperme dans vagin = grossesse.

4. Bien que sperme dans vagin / pénis dans vagin = grossesse, les hommes ont érigé le coït comme pratique hétérosexuelle obligatoire, et nécessairement régulière (« récréative »), appellent ça « sexe » (associé au plaisir) et font en sorte que l’hétérosexualité aussi soit obligatoire. [oui, ce sont les hommes qui l’ont érigé et pas les femmes, car toutes les règles sont édictées par et pour les hommes. C.f. patriarcat].

5. coït = 0 risque pour les hommes; coït = énormes risques pour les femmes (pouvant entraîner la mort); cette pratique est donc nécessairement et biologiquement inégalitaire, oppressive et dommageable pour les femmes. Malgré cela, les hommes continuent à vouloir nous soumettre en permanence au coït, coûte que coûte, quitte à nous faire gober des hormones ou insérer des bouts de ferraille dans l’utérus pour qu’on croie que ça a pas d’incidence sur noues.

6. Quand tu sais que ce que tu fais c’est dommageable pour l’autre, et pour l’autre uniquement, et que tu continues quand-même à le faire, c’est que la nuisance / la destruction est intentionnelle. Car sinon, en sachant les conséquences, si tu ne voulais pas nuire, tu aurais arrêté ton action / ton geste tout de suite. Les hommes savent les conséquences qu’a le coït sur les femmes. Or les hommes n’arrêtent pas le coït.

7. Le coït comme pratique régulière remplit très bien sa fonction: celle de nous détruire. Ce n’est pas un accident. Il a été intentionnellement conçu pour nous détruire, nous asservir aux hommes et surtout nous réduire à du bétail pour reproduire des humains mâles (cf Claire Michard et Paola Tabet).

8. Le fait que les hommes savent que c’est dommageable pour nous et uniquement pour nous, qu’ils insistant tant à ce que nous nous soumettions au coït, et qu’ils mettent tant d’énergie à nous faire croire que c’est du sexe, du plaisir, de la libération malgré que le coït soit totalement inutile autant sur le plan du plaisir que sur le plan reproductif (tout plaisir génital chez noues provient uniquement du clitoris et non du vagin, qui est un muscle), est une preuve de l’intentionnalité de l’usage du coït comme outil de démolition des femmes à l’échelle massive.

Pour reciter Factcheckme:

Men know that women are impregnable, as a sexual class, and thats why they rape almost exclusively girls and women, and almost exclusively *not* other men. raping female-bodied persons is like throwing spaghetti against the wall, and knowing some of it will stick: by raping women, all women, regardless of age, and not men, (individual men perhaps, but not men-as-a-class) they know that pregnancies will result. they just wont be around to see it.

Et ici: (source)

considering that men know that intercourse is harmful to women, including the risks of disease and pregnancy; and understanding that female-specific reproductive harm is central and critical to male political and interpersonal power; and considering that intercourse-as-sex is therefore the very foundation of patriarchy itself — […] no sane, healthy, competent etc. person would voluntarily engage in it, considering the risks.  get it?

so sane person.  no human person.  no man.

you see, there is not a man in the entire world, if the risks of intercourse applied to men, who would ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, EVER choose to engage in it for pleasures sake.  never, ever, ever, ever, ever would a man voluntarily place himself in harms way like that, and that includes the most submissive, masochistic and self-hating man.  NO man would EVER do this.

Tout ça pour dire que l’unique raison pour laquelle l’on puisse croire que le coït soit normal et naturel pour nous alors que notre réalité dit exactement l’inverse – c’est à dire que c’est destructeur et totalement anti-naturel voire d’un danger mortel – c’est parce que les hommes, par tous les moyens, nous ont tellement lavé le cerveau avec leur propagande pro-coït, que le coït nous paraît immuable et inévitable comme la roche, au point que toute alternative ou cessation immédiate du coït pour notre santé et intégrité ne soit même pas pensable.

Etant donné que toutes les définitions de la réalité qui nous sont imposées par les hommes ne sont fondées qu’à partir de l’expérience qu’en ont les hommes, et surtout comme la seule définition du coït qui existe est celle qui se base sur l’expérience qu’en ont les hommes, (c’est à dire une érection et pénétration / éjaculation sans conséquences), ceci fait que nous n’arrivons pas à définir et à identifier ce qu’est le coït à partir de notre réalité: qui n’est qu’aliénation, destruction de la santé, peur, maladies, colonisation – qu’il y ait une excitation génitale ou non qui se rajoute à cela ne change en rien cette réalité; cela peut seulement en changer notre perception. Et d’ailleurs, certains hommes ne se privent pas de stimuler le clitoris pendant le coït, pour que petit à petit, notre corps associe mécaniquement le coït à une excitation génitale. Ceci n’est qu’un processus de dressage, pour semer la confusion et nous faire croire qu’au fond nous aimons ça, car les premiers coïts sont dans l’immense majorité douloureux ou sans plaisir.

Cette imposition et impression dans nos cerveaux de leur perspective de la réalité opposée et antagoniste à la nôtre équivaut à de la violence psychologique, ou même de la torture psychologique, car ce n’est autre que que du lavage de cerveau dans des conditions permanentes d’extrêmes violences exercées par les hommes contre noues. Cette violence psychologique, ou ce lavage de cerveau qui consiste à déréaliser les violences qu’ils nous infligent ainsi que leurs conséquences et les nommer par l’inverse de ce qu’ils sont (« amour », « sexe », « plaisir », « érotisme », etc.) ont pour effet et pour but de nous dissocier totalement de nous-mêmes et de ce que nous ressentons, vivons, lorsque nous subissons les coïts et les effets du coït. Ça nous empêche d’identifier ce qu’on subit comme étant préjudiciable pour noues, au moment où on le subit. ça nous empêche donc d’avoir conscience qu’on subit des violences; et donc de nous en protéger, de fuir, de préserver nos intérêts, d’exprimer la violence, notre réalité etc. ça colonise notre conscience. C’est fait exprès: pour qu’on continue de subir, pour qu’on ne s’échappe pas – car là-dessus repose la domination des hommes sur noues. donc les sensations de peur (ou autre) qu’on peut ressentir avant, pendant ou après nous paraissent insensés, sidérants. Le silence absolu sur notre réalité, en plus de l’inversion de la culpabilité sur les femmes, fait que l’on se retrouve dans un isolement total, et la seule option qui noues reste c’est de s’accuser soi-même de se sentir mal. Ces sensations sont intolérables, alors on essaie de les oublier à tout prix ou de faire comme s’ils n’existaient pas car rien ne vient cfndirmer notre réalité.

Donc, je résume. L’idée que le coït c’est de la sexualité est un sordide mensonge, une arnaque absolue. Les hommes méprisent les femmes précisément parce qu’ils savent que ce qu’ils font aux femmes, c’est à dire les pénétrer avec leur pénis, c’est les mépriser, et jamais ils ne voudraient que l’on leur fasse la même chose. Ils méprisent les femmes pour subir ce que jamais eux n’accepteraient de subir, en tant que sujets dans le patriarcat. D’ailleurs, il suffit de faire un tour dans leur langage: ils sont très clairs sur le fait que l’acte de pénétrer une femme c’est l’humilier, la dominer, c’est l’insulter, l’arnaquer, la « baiser » – c’est bien pour cela que c’est une insulte de le dire à un homme, qui n’est pas sensé être pénétré. Il ne fait aucun doute que le coït n’est pas pour les femmes, ou un échange intime et amoureux avec une femme, mais contre les femmes et pour les hommes, les pénétrants.

Croire qu’on peut distinguer entre des coïts désirés et des coïts-viols est illusoire; la réalité est qu’AUCUNE femme ne désirerait un coït dans un état de non-colonisation par les hommes et de lavage de cerveau qui nous dissocie de notre vécu et de la pleine conscience des conséquences du coït sur noues. En d’autres termes, AUCUNE femme n’accepterait de pratiquer le coït de façon récréative, juste comme ça, étant pleinement éclairée et consciente des conséquences du coït sur notre santé et notre intégrité, le risque à prendre étant bien trop énorme, pour des gains au mieux totalement inutiles (la reproduction – il suffit que le sperme soit déposé sur la vulve – ou le plaisir, lorsqu’il est présent – pouvant se remplacer par toute autre manière de stimuler le clitoris, qui, je rappelle, est l’UNIQUE source d’excitation génitale). ça nous paraîtrait complètement aberrant, insensé et suicidaire de nous infliger cela, en fait ça ne nous viendrait même pas à l’esprit.

Le coït, par définition, détruit les femmes, est violent (et au mieux inutilement invasif et intrusif si c’est dans un but reproductif), est imposé à toutes les femmes par des années de dressage à l’hétérosexualité dès la naissance et l’élimination de toute alternative, la violence psychologique et toutes les autres formes de violence: c’est donc un viol, par définition. Certains actes, comme par exemple couper les cheveux de quelqu’un, peuvent être violents ou pas violents selon le contexte dans lequel c’est fait, c’est à dire selon si la personne dont les cheveux sont coupés l’a demandé ou subi, contre son gré. Mais ce n’est pas le cas du coït, dont le préjudice est inhérent pour les femmes, quel que soit le contexte, qu’il soit en apparence voulu ou non-voulu par la femme. Comme pour le coup de poing ou le coup de couteau, le coït est à considérer comme une infraction et une atteinte sur autrui de la part de celui qui l’inflige, c’est à dire de l’homme.

Je suis consciente que c’est impensable pour la plupart d’entre noues de dire cela, mais c’est d’une logique absolue.

Voir aussi ses autres articles de FCM sur le sujet (y’en a plein d’autres, mais en voici des échantillons):

http://factcheckme.wordpress.com/its-the-trauma-bonding-talking/

http://factcheckme.wordpress.com/the-intercourse-series/

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Le fascisme administratif

Contrairement à ce que l’on nous fait croire, la bureaucratisation de la vie n’est pas l’amélioration de l’organisation de la vie humaine dans une société démocratique. C’est la rationalisation du totalitarisme patriarcal.

Récemment, j’ai subi le fascisme administratif. Il est conçu pour broyer, briser l’humanité en nous. Tuer toute créativité et toute vie. Elle interrompt en permanence nos activités, c’est une occupation mentale, spatiale et physique, avec des tâches insensées, futiles et qui rendent folles, elles sont sans fin et empêchent de penser, de vivre et de se réaliser. ça sidère la vie. C’est comme dans les camps de la mort où on donnait des tâches insensées aux prisonniers comme creuser des trous dans la terre pour rien puis les reboucher avec les mains, alors qu’il y avait des pelles à côté, juste pour se moquer d’eux. C’est conçu pour nous humilier, nous abaisser à lécher les bottes des soldats de l’état, à mendier poliment aux pions de la bureaucratie dans leurs bureaux d’un calme sourd alors que l’urgence est criante, pour récupérer quelques miettes pour notre survie de ce que les hommes d’en haut nous ont violé.

C’est une occupation. Au lieu de faire et avant même de faire, nous devons écrire que nous prévoyons de faire, puis soumettre cet écrit pour qu’il soit réécrit 15,000 fois et ainsi dilué de toute son âme et de sa fougue initiale, et puis envoyer au compte-goutte des documents qui justifient et légitiment ce que l’on vient d’écrire. Puis si l’écrit est jugé suffisamment mort, dissocié, dépolitisé et a-contextualisé par 20 commissions, nous aurons peut-être la chance de faire ce que nous avons prévu de faire – mais alors le projet sera tellement dénaturé et il se sera passé tellement de mois, qu’au moment où on nous aura autorisé de faire, il ne nous en restera plus qu’un âpre goût de lassitude et de désespoir. Ensuite, il faudra documenter ce que nous faisons pendant que nous faisons, et lorsque ce sera fait, écrire sur ce que nous venons de faire, et transformer ces faits en chiffres, afin de bien tuer ce qui reste de vie du projet. C’est conçu pour contrôler nos moindres faits et gestes.

Ainsi, ils savent tout ce qu’on fait, où on est, qu’est-ce qu’on mange, combien on dépense, chez qui on vit, et s’assurent en même temps qu’on n’aura jamais assez de temps pour nous libérer et créer de alternatives. Une surveillance qui s’accroît à mesure que baisse notre niveau de pouvoir dans le patriarcat. On nous envoie de service en service, personne n’est responsable, car nous n’avons toujours affaire qu’à des pions maltraités pour nous maltraiter. C’est conçu pour freiner toute initiative et étouffer, ternir tout élan révolutionnaire que l’on peut avoir en nous. On nous donne juste assez pour maintenir la tête en dehors de l’eau, mais c’est conçu pour nous faire croire le mensonge que nous avons un intérêt à être soumis à l’état totalitaire patriarcal, que nous lui devons quelque-chose et nous devons lui être reconnaissant. C’est pour éteindre toute dissidence au patriarcat. Qui d’autre que des personnes déjà un peu mortes, ou rendues totalement désespérées, se plierait à des pratiques aussi humiliantes et absurdes?

En accaparant le pouvoir de nous déloger, de nous couper les vivres, de nous accorder ou  non le droit de nous nourrir et de réaliser les activités qui font que l’on s’estime et l’on s’aime, l’état nous fait courir et supplier comme des mendiants après une carotte qu’ils bougent sans cesse; exige que l’on se plie en quatre, de subir avec le sourire l’avilissement, nous met au pas et nous dresse. Et nous cassent.

Comme dit Factcheckme sur Femonade, les systèmes ne sont pas là par hasard. Par exemple, les systèmes routiers ne sont pas tombés du ciel, ils ont été crées par les hommes de façon à atteindre un objectif spécifique: les surfaces lisses et dures des routes été inventées spécialement pour que les véhicules roulent plus vite, avec l’intention d’échanger plus vite les « marchandises » (de la vie transformé en mort) d’un bout à l’autre de la terre.

Pour quoi les hommes ont-ils crée la bureaucratie?

Notre bureaucratie, c’est beaucoup celle de Napoléon. Après son putsch, il a crée un régime militaire hautement organisé, une sorte de royauté militaire, sauf qu’au lieu que ce soit un dieu imaginaire qui lui confère le pouvoir, c’est lui-même qui était Dieu [dans ce sens, l’avancement vers une société « laïque » n’est pas à analyser comme un progrès mais comme l’avancement de l’obscurantisme patriarcal, dans la mesure où ce qui se cachait derrière cette revendication est la volonté des hommes, par la science et leurs machines phalliques de la mort, de remplacer Dieu pour devenir Dieu le père eux-mêmes. Basta, y’en a marre de vieux barbu imaginaire qui nous terrorise! disent-ils. C’est nous les dieux sur terre! L’objectif de la société scientifique et laïque n’est pas de libérer la société du dogme religieux et du totalitarisme, mais de faire de la science la nouvelle religion, le nouveau dogme. Lisez tous les fondateurs théoriques de la société moderne et scientifique (Comte, Durkheim, Newton, les post-révolutionnaires, etc), ils le disent explicitement].

Bref, c’est un système hiérarchie vertical rigide afin d’optimiser l’emprise totalitaire sur la population et l’expansion impérialiste de la France. Tout était planifié de sorte à faire des hommes des soldats de l’état, automates au service soit de la mort elle-même, dans l’armée, soit des soldats de l’organisation de la mort en amont ou en aval: dans l’embrigadement des jeunes dans les écoles, la gestion des biens accaparés et des humains contrôlés dans les administrations (pour lesquels ont été crées des postes de « hauts fonctionnaires »), la rationalisation du monopole du savoir et des instruments de propagande dans les universités, la prolifération de centres de stockage des biens accaparés par le sexisme et le colonialisme (banques et finance), la rationalisation de l’accaparement et de la transformation des ressources dans les terres occupées (industries capitalistes). C’est aussi Napoléon qui a officialisé légalement le statut des femmes comme pondeuses de soldats.

Tout a été pensé pour améliorer la poursuite de l’expansion militaire de l’empire français, vers l’extérieur du pays autant que vers l’intérieur. Aucun être vivant en France ne devait échapper à ce plan d’embrigadement prisonnier. Pour cela le pays a été méthodiquement découpé, fragmenté en départements et en régions pour rationaliser la surveillance et le contrôle de chaque parcelle de terre et ses habitants (C’est une technique d’occupation en « grille »). Sous les ordres de Napoléon, et à la tête de la surveillance et du contrôle de chaque région et sous-région, des militaires en personne: un préfet et un sous-préfet, et sous leurs ordres, une armée d’exécutants de l’état.

Aujourd’hui encore, les chefs des régions et sous-régions sont des militaires: les préfets. Il n’y a que des hommes blancs – la preuve qu’en France, leur pouvoir est important. Si des femmes restent durablement dans une sphère publique, nous pouvons être sûrs que le pouvoir ne se situe plus là. La puissance des préfets est royale et leur armée d’exécutants leur doit toujours une obédience totale et craintive. Ils sont inaccessibles, invisibles, personne ne connaît leur nom. Tout le monde a peur du préfet dans l’administration de l’état. Leur jugement peut tomber comme un couperet et jamais ils ne doivent froisser sa volonté. Il doit tout savoir, tout contrôler. A côté, les députés font pâle figure. Ils n’ont aucun pouvoir réel et décisionnel sur l’organisation concrète du département. Leur accessibilité et leur visibilité est la marque de leur manque de pouvoir – tout comme l’assemblée, un fantoche. Mais passons.

La bureaucratie, c’est aussi celle du génocide nazi. La machine bureaucratique érigé par l’état Nazi pour organiser méthodiquement l’élimination des peuples désignés comme parasites ne s’est pas écroulé du jour au lendemain après la guerre. Après les années 40, les techniques ont été améliorées et raffinées par les généraux des états impérialistes, les corps médicaux et psychiatriques (tous deux partie prenante dans le génocide nazi et les tortures dans les camps) et les corporations (y compris les industries du viol), pour devenir ce qui est aujourd’hui nommé le « capitalisme néolibéral », un mot trompeur pour désigner la phase finale du plan génocidaire patriarcal.

la bureaucratie, c’est celle de tout génocide. De la planification et de la documentation méticuleuse du génocide des femmes au moyen-âge, du génocide des peuples colonisés, du génocide des paysans et mouvements autonomes, de la gestion et la comptabilité des biens accaparés et êtres vivants tués et torturés et découpés par tous ces génocides, de la gestion de la surveillance et du fichage des populations pendant et après tous ces génocides. La bureaucratie c’est la planification des viols, des grossesses forcées et de la captivité des femmes aux hommes, nommés mensongèrement « mariages » et « plannification familiale ». Notre bureaucratie est le continuum de toutes ces bureaucraties mises en places pour planifier ces génocides.

Contrairement à ce que l’on croit, la quantité de paperasse et de dossiers et de fichiers n’est en rien le signe d’une absence de violence et de totalitarisme d’un état, ou que cet état est progressiste. C’est au contraire une arme redoutable de déréalisation de la violence et de légitimation de celle-ci.

 

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Ode à la non-mixité

Une étude de quarante ans a prouvé ce que les féministes radicales savent et affirment déjà depuis des lustres, c’est que lorsque nous nous réunissons entre nous pour nous libérer de la domination et de l’occupation des hommes, cela fait bouger des montagnes. Plus que n’importe quel mouvement d’hommes, car d’une part, collectivement, jamais ils ne prôneront la libération de leur pouvoir sur les femmes, étant les bénéficiaires de cette domination et à la source de tous les systèmes de domination crées par et pour eux, et d’autre part, ils ne focalisent leurs mouvements de lutte que sur le remplacement d’un patriarche d’en haut, resté trop longtemps assis sur son trône, pour redistribuer un peu les cartes parce que les hommes d’en bas en ont marre de ne pas être le roi et dieu.

C’est ce que les hommes veulent dire par « révolution », c’est non pas évoluer vers quelque-chose de nouveau, mais re-venir vers un même ordre, sauf avec d’autres personnes, pour qu’ils puissent en profiter aussi. C’est à dire qu’on change les pions à l’intérieur du cercle mais on reste dans le même cercle patriarcal. C’est le but de toute prise de pouvoir, du putsch, de toutes les ré-volutions d’hommes: mettre des nouvelles personnes au pouvoir et non pas changer la structure du pouvoir en elle-même, basé sur la domination, la subordination, la mort… Tout est cyclique, donc fondamentalement, rien ne change. Le patriarcat est par définition une stagnance, un état figé, un statu quo maintenu uniquement par la force, la violence, le viol et la torture. La seule chose qui est exponentielle dans le patriarcat est la quantité de mortes, car fondé sur le passage de la vie à la mort, il faut toujours tuer et violer plus de vie pour que le système se maintienne.

Donc, ce que dit cette étude corrobore à la fois notre conviction que seules les femmes sont et ont été réellement capables de transformer notre monde, et à côté, les luttes des hommes n’ont jamais changé grand-chose au système. Tiens tiens!

Une nouvelle étude sur la violence contre les femmes menée pendant quatre décennies et dans 70 pays révèle que la mobilisation des mouvements féministes est un facteur de changement plus important que la richesse des pays, les partis politiques de gauche, ou le nombre de femmes en politique.

L’étude publiée dans le dernier numéro de la revue American Political Science (APSR), publiée par Cambridge University Press pour l’American Political Science Association (APSA), a constaté que dans les mouvements féministes qui sont autonomes des partis politiques et de l’État, les femmes sont capables d’exprimer leurs priorités en tant que femmes et de s’organiser politiquement à cet égard, sans avoir à répondre à des préoccupations organisationnelles plus larges ou aux besoins des hommes. Se mobilisant dans tous les pays, les mouvements féministes ont exhorté les gouvernements à approuver des normes mondiales et régionales et de nouvelles conventions portant sur la violence.

Voilà: lorsque nous nous focalisons sur nos besoins, lorsque nos luttes ne sont pas vampirisés par ceux des hommes, lorsque nous nous libérons, ne serait-ce qu’un instant, des préoccupations permanentes de soigner et servir les hommes, nous sommes une force qui change le monde.

La non-mixité choisie (où le spéaratisme des hommes) est d’autant plus importante aujourd’hui dans une ère de mixité imposée et sacralisée au point où toute non-mixité entre femmes est devenue le tabou absolu, l’interdit à ne pas transgresser ou au mieux, un archaïsme ringard et passé. Il est clair que cette mixité imposée dans tous les établissements d’éducation par exemple, loin d’être féministe, ne sert que les intérêts des hommes: dans un contexte où les hommes dominent déjà toutes les sphères de vie

Arrivées à l’âge adulte, de nombreuses femmes de jeune génération n’ont jamais connu d’autres espaces que ceux entièrement dominés, contrôlés et surveillés par les hommes, où  en leur présence chaque recoin même de notre conscience leur appartient. Alors, nous avons tellement appris à haïr et mépriser ce que nous sommes qu’un espace que de femmes devient perçu comme un espace plat, inintéressant, sans passion, sans profondeur, sans caractère, sans courage, sans excitation, sans bravoure, sans philosophie, fait que niaiseries, de gloussements de rire réprimés, de banalités et de critiques les unes envers les autres. Lorsqu’il n’y a pas d’homme dans la pièce, la soirée ne vaut pas la peine d’être vécue, il manque quelque-chose. La seule chose qui compte est alors de capter l’attention des hommes, parce qu’on nous a dressé à croire que notre existence dépend de leur validation, que s’ils ne nous disent pas « t’es belle », « t’es jolie », « t’es bonne », s’ils ne nous regardent pas de haut en bas avec un clin d’oeil – en gros, s’ils ne nous chosifient pas, s’ils ne nous traitent pas comme leur proie à pénétrer, nous ne valons rien, nous n’existons pas: triste inversion, car c’est justement en nous chosifiant qu’ils nous déhumanisent et nous anénatissent.

Nous vaincrons ce système de suprématie des hommes lorsque nous cesserons de croire à la haine qu’ils nous vouent et que nous éprouverons un plaisir profond à être entre femmes, à être soi et entre nous. Notre existence suffit à elle-même, nous sommes entières et vivantes et n’avons pas besoin des hommes pour notre survie. Le monde des hommes s’écroulera lorsque nous croirons profondément en notre capacité à créer pour nous, lorsque nous agirons sur notre pouvoir de créer notre propre monde, nos propres lois, notre propre justice, notre propre système selon nos termes, un monde que l’on aime vraiment et où on s’aime. C’est cette croyance en ce que l’on est et en ce que l’on peut faire par et pour nous qui déplace les montagnes d’institutions et de chars à mort patriarcales.

Etre soi et être en compagnie d’autres femmes est à chaque fois un moment de passion, de courage, de rire, de joie, d’excitation, de bravoure, d’émotion, d’apprentissage, d’enrichissement, de partage, d’amitié, de profondeur, de tristesse, de caractère, de philosophie, de poésie, d’art et de beauté.

Pour finir, je cite ce magnifique paragraphe d’Alexandra, qui résume en quelques mots notre puissance mieux que 100 ans d’études académentielles

Seules nous ne pouvons guère que fuir. Ensemble nous pouvons tout.

Car quand on compte bien, les avancées féministes ont été faites par quelques centaines de femmes. Et les associations aujourd’hui, qui sauvent des milliers de femmes, tiennent à aussi à quelques centaines de femmes ….

Il leur faut des centaines de milliers de matons pour nous maintenir au pas, mais il nous faudrait une mini masse critique de femmes pour détruire le pouvoir, d’abord car nous sommes partout, ensuite car nous avons un courage que peu d’hommes ont : le courage développé sous le terrorisme viril est d’une puissance sans fin, je le vois au quotidien à travailler auprès de femmes victimes de violences masculines

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