La réforme du patriarcat langagier français.

Marre de devoir supporter le déni de notre existence à chaque fois que nous utilisons la langue franco-patriarcale? Rien de plus simple et de plus marrant que de réformer la langue quand elle nous titille les ovaires. Si les vieux schnocks de l’académie française sont trop moisis du cerveau pour décrotter le français de la domination masculine, pas besoin d’attendre leur coup de pet. L’avantage de la langue c’est que tout le monde peut l’utiliser, et, par conséquent, absolument libre d’en faire ce qu’elle/il veut.

Pleeiin d’opportunités s’offrent effectivement à nos yeux, à nos oreilles, mains, ou autres vecteurs langagiers: les idées ne manquent pas. J’en proposerai quelques-uns, libres aux autres de venir compléter la liste. Le but du jeu est de l’appliquer soi-même dans un contexte officiel en la présence d’autres personnes (email amical ou professionnel, lettre, livre, article, publication, discours, cours, discussion, etc) sinon ça ne compte pas. Plus il y a de gens qui participent, mieux ça marche.

Proposition de réforme n°1 :

Puisque toute l’année et tout le temps tout est toujours décliné au masculin (sauf quand les hommes ne sont vraiment pas là, sinon ça deviendrait suspect), on pourrait au moins faire moite-moite. Donc un jour sur deux, ou une semaine sur deux, un mois sur deux, six mois, voire un an sur deux (ou qui voudra), on décide de tout mettre au féminin. Les français boivent plus de vin que les suédois deviendrait alors les françaises boivent plus de vin que les suédoises. Les chefs d’état deviendrait les cheffes d’état. Remarque, même si on mettait tout au féminin à 100% personne ne pourrait nous en vouloir, nous avons bien au moins 20 siècles à rattraper. Mais nous sommes pour l’égalité dans le traitement.

Proposition n°2 :

Le 50/50, mais autrement : S’il y a plus de femmes dans un groupe, on utilise le féminin, et s’il y a une majorité d’hommes, le masculin (alors que la règle courante permet à un seul homme d’engouffrer des millions de femmes sous son nom). On jette un rapide coup d’œil dans la pièce, et hop, tentons de viser juste.

Proposition n°3 :

Mais alors, que se passe-t-il lorsque le groupe est à nombre égal, ou que l’on ne connait pas la proportion exacte ? Le neutre est une idée. Ou plutôt, le bi-genre. A l’oral, nous pourrions utiliser le féminin pluriel pour les groupes mixtes mais en prononçant le S de la fin pour marquer la mixité (françaisesss). A l’écrit, une option classique ou facile serait d’employer le (ses) ou le @ (après la fin du mot masculin) pour marquer une pluralité mixte : françai(ses) ou français@ au lieu de français, el@ pour ils, belg@s au lieu de belges, médecins@ ou médecin(es), etc.

Proposition n°4

Interdire l’usage du terme ‘homme’ pour désigner l’espèce humaine, ce qui a toujours impliqué que l’humanité était exclusivement masculine. Dorénavant, il faudra utiliser seulement ‘humain’ ou ‘personne’. Ainsi ‘droits de l’homme’ sera muté en ‘droits de l’humain’, ou droit de la ‘personne’. Et pour que le mot ‘femme’ se rapproche étymologiquement ‘d’humain’, on pourrait transformer ’humain’ en ‘fomain’. Ou alors, transformer homme en ‘fomme’ ; ainsi homme et femme seraient rapprochés.

Proposition n°6 :

Toutes les fonctions pseudo-uniquement-déclinables-qu’au-masculin, c’est du néni néni, on abolit. Un Docteur femme devient UNE docteurE ou doctoresse.

Proposition n°7 :

Une autre idée, ce serait d’abolir le genre complètement : ni masculin, ni féminin. En revanche, il faudra choisir quelle forme préserver pour tous.

Proposition n°8 :

Evacuer du langage tous les termes dérogatoires sur le sexe féminin qui n’ont pas d’équivalents masculins, qui contribuent au lynchage psychologique des femmes, leur oppression et à la hontification de leur sexe: pute, salope, pétasse, poufiasse, etc.

Proposition n°9

Il n’y en a pas.

Il y a beaucoup à parier qu’un piètre changement remuera les bas-fonds des préservationnistes du privilège qui n’hésiteront pas à hurler à la mort et décrier l’oppression par les femmes et le matriarcat. Ceux-là, c’est des crétins et il faut les ignorer : un dictateur se sentira défavorisé qu’on abolisse sa dictature ; également, un privilégié sera grandement contrarié que l’on lui retire son privilège. Cela ne veut point dire que leur affliction est légitime.

Abrazos,

A.Ginva

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.