Sardou, ta gue*le! Et parle pour toi.

Mon sexistomètre a explosé! Arggh!

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore vu la dernière défécation édifiante de Sardou (tentative pathétique et vulgaire d’engrosser sa retraite avant de disparaître dans le néant), admirez:
Tout d’abord, cherchez l’erreur: un vieux croûton ressuscité de l’ère de nos arrière arrière grand-pères est frappé d’omniscience céleste au point de s’autogratuler le pouvoir de parler à la place de TOUTES les femmes vivantes en 2010, et s’éprenant tellement de son autorité sur la matière qu’il en fait une chanson, un clip, et le diffuse massivement. Je crois rêver. Sardou, heureusement que toutes les femmes ne doivent pas attendre tes coups de vomissements commerciaux pour parler d’elles publiquement, elles seraient très mal barrées.
En fait, tu t’es gourré de titre. Plutôt que d’assumer ouvertement ton point de vue affreusement sexiste, tu as trouvé judicieux de remplacer « Sardou » par « femme », ainsi espérant duper les idiotes que nous sommes. Sauf que, tentative bâclée! Dans le clip, on peut pas te louper, ni ta vision (hideuse) des femmes. Elle est partout, elle respire ta puanteur du début jusqu’à la fin. Je tiens à te féliciter, tu as parfaitement résumé l’état du sexisme actuel.
Description du clip: Sardou, vieux et cheveux gris, bedonnant, habillé en noir – d’une banalité à mourir, monte en mâle conquérant et d’un pas assuré des marches vers (ce qui semble être) un paradis entouré de femmes-statues nues et sexifiées. Il est le centre de la chanson, son regard (et sa voix) est celui de référence, celui qui dirige les plans et la caméra, celui auquel le sujet (mâle hétéronormé) s’identifie. Sa présence s’impose sur celles des femmes, qui occupent une place secondaire – autant dans leur prise d’espace (autour de lui, en l’adulant) que dans leur prise de parole (elles répètent seulement ses refrains en état orgasmique, mécaniquement après lui), et la seule fonction de ces femmes est de lui être physiquement disponibles afin de flatter son ego.
Son regard intrusif dénude leurs corps interchangeables, sans individualité et sans histoire, moulées selon les diktats pornographiques du bon usage de la femme en tant qu’objet décoratif et de propriété publique (« la » femme – pour lui il n’y en qu’une seule). Dans son clip, il soumet celles-ci entièrement à son désir, il est le centre de leur attention et de leurs activités: être nues devant lui pour son plaisir; regarder vampireusement la caméra (oeuil/objectif=Sardou) pour le titiller; se maquillant sexyment pour son plaisir visuel; s’habillant sensuo-pornulement en tenue de secrétaire sexy (pour l’exciter); faisant mine de travailler en tenue de secrétaire sexy (pour son plaisir); se sexyfiant pour d’autres hommes. Bon ça, c’est exactement les 46 premières secondes du clip, mais le ton est donné.
Voyons un peu les paroles: (commentaires perso en italique)
Dans un voyage en absurdie
Que je fais lorsque je m’ennuie
[Sardou qui nous nous révèle ses fantasmes sexisto-masturbatoires, quelle générosité de les partager avec nous. Maintenant nous savons tous à quoi il pense lorsqu’il se branle..].
[…]
Depuis les années 80
Les femmes sont des hommes à temps plein
Fini les revendications
Ce qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont
Ce sont toutes des femmes accomplies
[…]
J’arrête là – un condensé de 3 secondes suffit. Les femmes, par manque de renverser le système patriarcal, ont tenté sans succès d’intégrer le monde masculin. Sans succès, je dis, car comme il est démontré dans ce clip, elles n’y entrent qu’à condition que leur corps et âme reste au service de l’exigence de décorativité publique. Toutefois, à ce que sache, elles n’ont pas encore subies des excroissances de pénis, donc peuvent encore mériter le titre de « femmes » à temps plein.
Grâce à des ignares sur échasses comme Sardou, des idées comme l’obsolescence des revendications féministes sont déblatérées inconsciemment dans les médias communs. Ironie du sort, son clip est pourtant un flagrant rappel que nous sommes très loin du but. On nous a permis un morceau de travail (dans 30% des sphères, payées 27% de moins et occupant pour la majorité des postes au bas de l’échelle) on ne va tout de même pas nous accorder liberté sexuelle et corporelle! Un ressentiment non-caché que Sardou exprime en exacerbant son rôle de patriarche tout-puissant, et soulignant avec insistance le rang des femmes comme objets sexuels perpétuels, malgré une supposée ascension sociale. Autrement dit, un anti-féminisme rancunier, traduisible en ces termes: « vous avez osé quitter le devoir conjugal? Et bien même en 2010 vous êtes toujours dépendantes du regard des hommes pour exister! » Et le message aux hommes: « fini les années 80 où on pouvait sauter toutes les femmes à volonté. Mais rassurez-vous, elles sont encore sous le joug de la validation masculine, regardez, elles ne veulent que ça ».
Et comme le remarque Maïa Mazaurette,

Ce qui est amusant, c’est que tout le monde dit que les femmes sont multitâches mais… pas pour le combo sentiments + boulot. Là, seuls les mecs (pourtant prétendument monotâches) sauraient faire. Paradoxal, quand même, non ? Et révélateur d’attentes bien différentes selon que tu sois né dans un chou ou une rose. Fromage OU dessert, mec OU salaire : ce mec chante sur les femmes depuis dix mille ans et il n’a toujours pas pigé qu’on veut TOUT (y compris qu’il attrape une extinction de voix)

Hihi. Bien joué Maïa!
En fait, mon cher Michel, outre de la nommer « Etre un Sardou en 2010 », tu aurais dû appeler ta vieille chaussette inutilisable et grossièrement recyclée,
« une version patriarcale des années 80 vulgairement rebranchouillée en propagande patriarcale 2010 ».
Ou alors: « être un vieux schnock en 2010: confessions d’un misogyne intraitable ».
« Etre un chanteur raté en 2010: tentative de compenser ses faillites en enfonçant les femmes ».
« Le sexisme continue pour les femmes, même en 2010 ».
« Comment recycler une chanson de merde en 2010 »;
« Etre un vieux croûton en 2010 en mal de chair fraîche (elles sont parties travailler, ces poufiasses!), mais profiter de son pouvoir médiatique mal placé pour se rincer l’oeuil « 
(certes, ces titres sont un peu longues, mais les possibilités sont infinies).
Bonne nuit,
A Ginva
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2 commentaires pour Sardou, ta gue*le! Et parle pour toi.

  1. A. Ginva dit :

    héhé, matez ça aussi: y'en a qui savent putréfier!
    http://blogfeministe.skyrock.com/

  2. Anonymous dit :

    Quand on voit comment il a « soutenu » Cynthia Sardou, (sa fille) durant et après l'épreuve qu'elle a subi (viol collectif), aussi…..

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