DSK: le déni du crime

Le viol est un crime, au même titre que la torture et le meurtre. 


Or, le viol est le seul crime au monde pour lequel les femmes sont présumées consentir, à tout moment, et quel que soit le degré de violence. Le viol est le seul crime dont la victime est préjugée pouvoir en jouir. Le viol est le seul crime dont la victime est présumée être coupable du crime dont elle a été victime.

Pour aucun autre crime, il est demandé à la victime de prouver qu’elle n’a pas consenti. Pour le meurtre, la présomption est que personne ne consentirait à être tuée. Pour la torture, la présomption est que personne ne consentirait à être torturée. Pourquoi, s’agissant de viol, présume-t-on qu’une femme consentirait à être violée ?

Pourquoi cela ?

Parce que les hommes considèrent que d’être pénétrée est dans la nature des femmes; ce à quoi elles servent. Que la fonction-même des femmes est de servir de réceptacles pour le sexe des hommes, et que par conséquent c’est le droit de naissance de tous les hommes de pénétrer les femmes, peu importe leur désir.

Alors, dénoncer un viol revient à retirer le droit de naissance des hommes d’utiliser les femmes comme des trous à baise.  C’est pourquoi les hommes n’ont aucun intérêt à admettre que nous ne voulons pas être violées, que nous ne voulons pas être traitées comme des trous à baise, à aucun moment.

Tout un tas de stratagèmes légaux et sociaux sont mis en place pour nous traiter de menteuses, pour ne pas nous écouter, nous interdire de parole, pour saper notre crédibilité, nous culpabiliser et nous couvrir de honte, nous isoler, nous détruire davantage, pour faire croire qu’au fond de nous-mêmes, nous aimons êtres violées, que le fond de notre nature est d’être une salope.

Des conditions impossibles à remplir sont crées de toutes pièces pour décourager toutes les femmes de dénoncer. Par exemple, les femmes non-éligibles à la crédibilité incluent les femmes qui boivent dans les bars, les femmes qui marchent seules, les femmes qui marchent dans la nuit sans lance-flemme et trois bouledogues, les femmes qui prennent de la drogue, les femmes qui appartiennent à certaines castes ou races, les femmes habillées d’une certaine façon, les femmes qui ne sont pas habillées d’une certaine façon, les femmes mariées à des hommes, les femmes à partenaires sexuels multiples, les femmes qui auraient dit oui il y a trois mois, les femmes qui auraient menti une fois dans leur vie, les femmes qui auraient peut-être dit oui au début mais qui au bout de trois minutes, ont dit « non », les femmes qui ne se sont pas suffisamment débattues, les femmes qui ne l’ont pas reporté tout de suite, les femmes ayant une similarité physique aux critères pornographiques, les jeunes filles avec une « réputation », les femmes de chambre, et les femmes prostituées. 
(ce paragraphe reprend largement un paragraphe du « whacky consent scheme » de Twisty dans IBTP), 

Ils n’ont seulement pas envie de nous entendre, car ils ne veulent pas abdiquer leur droit de nous violer. 
Refusons de les laisser dans l’impunité. Refusons de nous soumettre à leurs stratégies d’agresseurs, et dénonçons les violeurs. Refusons de nous taire. Pour chaque rapport qui nous a été imposé, pour chaque rapport non désiré, dénonçons-le, et croulons la justice sous nos dénonciations, jusqu’à ce qu’elle s’effondre. Nous avons le droit le plus inaliénable de ne pas être violées. Nous avons le droit le plus inaliénable de ne pas être torturées. 

Enterrons la justice qui nous dénie ce droit !
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