Les hommes au poteau ou la stupidité masculine

Des hommes suspendus à un poteau. Mais QUE foutent-ils?

La Bêtise Masculine


Oui, ceci est une scène dont j’ai été témoin à México City, juste en face du musée national d’archéologie. Je me suis toujours demandée ce que se donnaient comme tâches les hommes, tandis que les femmes travaillent 15 heures par jour à élever, éduquer, nourrir et reproduire l’humanité, à nettoyer les maisons et merdes des hommes tout en endurant leurs violences, mutilations, viols ou grossesses forcées? J’ai enfin une réponse: Ils s’auto-congratulent de leur grandeur en dandinant grandiloquement autour de poteaux.  

Je décerne à ces hommes la médaille de l’Activité Masculine la plus Futile au Monde
 (AMFM). 

Ce qui consiste en: grimper en costume à un poteau de plusieurs mètres de haut puis redescendre la tête en bas en cercles concentriques, suspendu par la taille à l’aide d’une corde fixée à la cime et qui se déroule progressivement jusqu’à toucher le sol. Pour donner un air sanctimonieux, un semblant de sobriété cérémonielle ou faire croire à l’utilité suprême de cette activité, ils achèvent la procession en sifflant quelques pauvres notes et sautillent de façon mollement synchronisée autour du Phallus Sacré. (Plutôt que d’opter pour le classique ‘tourner le doigt dans le cul’ ceux-ci préfèrent ‘tourner le cul autour du Grand Doigt’ – excusez la vulgarité, l’allusion était trop tentante). Puis, pour que soit convaincante une aussi grotesque parade, afin de vaincre toute résistance psychique face à une telle stupidité, ces gestes sont répétés ad vomitum.   

Les voici en train de monter le Grand Phallus

Cette procession poteau est paradigmatique de toute activité patriarcale: futile, risible, et surtout, absolument improductive et fondamentalement inutile pour le bien de l’humanité. C’est l’épitomé du mythe patriarcal dans le sens où l’entendait Mary Daly. Essayant désespérément d’imiter les spirales évolutives de la vie, les cercles trompeurs et répétions morbides de rituels phalloguerriers servent à engourdir notre esprit, nous coloniser et nous lobotomiser: encore et encore, le mythe de l’homme-dieu-le-père a besoin d’être perpétuellement réactualisé pour que nous succombions à cette duperie, pour que notre réalité s’efface et n’existe plus. (Mary Daly, Gyn/Ecology: the Metaethics of Radical Feminism).

« Comme ce qu’il cherche à démontrer est faux, il est obligé de toujours recommencer. (…) 

Sa recherche frénétique de compensations – parce qu’il n’est pas 
une femme – 

(…) a permis à l’homme de faire du monde un 

gigantesque tas de merde. (…) C

ontraint de se donner l’illusion de servir à quelque chose, il s’active, pour justifier son existence, à creuser des trous et à les remplir. 

l’homme doit trouver un but à poursuivre et l’argent 

est la carotte après laquelle il peut courir éternellement : pensez un 

peu à tout ce qu’on peut faire avec quatre-vingts milliards de dollars

: ah, investir !

 « 

Valerie Solanas, SCUM Manifesto.

Le lien entre cette fausse-productivité cyclique du poteau et la fausse-productivité du système patriarcal est évident. Les systèmes monétaires, économiques, judiciaires, politiques, militaires, religieux, universitaires sont tous des créations nécrophiles et destructives du patriarcat destinées à faire croire le mensonge que les hommes sont créateurs de vie et que les femmes n’en sont que des réceptacles creuses. Le monde inventé par les hommes n’est qu’une imposture. Tout en exploitant le travail et l’énergie des femmes et expropriant leur corps et leurs capacités reproductives, les hommes s’adonnent à de fausses activités pour faire croire à une vraie productivité – qui n’est autre que robotisation, mort et violence répétée à l’infini. 

Les Pompons, costumes pompeux
et religio-militaires

« Men perform the rituals always together, always in step, always in the uniform proper to the man and the occasion ».

Mary Daly, Gyn/Ecology: the Metaethics of Radical Feminism.

Mary Daly observe d’ailleurs que toute parade patriarcale est un dérivé de la parade militaire, la célébration fraternelle du viol et de la mort. L’habit est un élément crucial de cette procession, conférant toujours un air de légitimité aux fausses hiérarchies patriarcales: au fond, il n’y a pas tant de différence entre les moines, prêtres, soldats, rois, juges, avocats, hommes d’affaires, tortionnaires, proxénètes, chercheur, astronautes, ingénieurs – tous sont des pantins de la fausse-productivité mortelle du patriarcat. Je cite Virginia Woolf: 

« What connections is there between the sartorial splendours of the educated man and the photograph of ruined houses and dead bodies? Obviously, the connection between dress and war is not far to seek: your finest clothes are those that you wear as soldiers ».

Virgina Woolf, Three Guineas

Bon, toute cette parade poteau-esque n’est pas sans rappeler la vacuité autour de laquelle est basée la solidarité masculine: la fétishisation d’un pénis découpé et érigé, le sacro-saint outil du viol et de la guerre contre les femmes. Ces tours du poteau, la tête en bas, ressemblent à tous ces rituels sadiques auxquels doivent se soumettre les hommes pour être des hommes. Pour être homme il faut violer, pour être homme il faut être une machine à tirer – les armes, épées, pistolets, canons, poteaux et bombes ne sont que des projections phalliques d’eux-mêmes. Entre hommes, le but n’est que de montrer qui l’a la plus longue, qui a le plus gros engin, qui a violé le plus de femmes, qui a tiré le plus de buts, qui a envahi le plus territoires, qui a détruit le plus de vies, qui est capable du plus d’âneries. 

Bon, c’est fini pour cette nuit!

A bientôt,

A Ginva


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