IVG: les conséquences dramatiques du coït/viol sur les femmes




L’autre jour, j’ai assisté à une présentation de la situation des IVG*.Je vous fais part des chiffres et données que j’ai notés: 


(*Ces données ne s’appliquent qu’à ma région, Patatyland)

  • 60% des femmes entre 15 et 30 ans prennent la pillule (!!!) Quelle révolution, d’avoir réussi à intoxiquer et empoisonner 60% de la jeune population féminine. Tout ça pourquoi? Pour qu’elles n’aient plus le moyen de refuser le coït – plus de « j’ai peur d’être enceinte » qui tienne, t’as qu’à prendre la pilule! c’est désormais le « buffet campagnard gratuit, servez-vous messieurs ». Avec l’avantage de contrôler le corps et les hormones des femmes, de les rendre malades (les effets secondaires sont hautement nocifs voire mortels) et les faire payer pour ça, donc d’engraisser les poches des labos pharma. Et biensûr, la pilule est beaucoup moins sûre que la capote, mais ça, ce serait trop demander à monsieur! Et le but c’est qu’elles soient quand-même enceintes de toutes façons.
  •  
  • En 2009 dans ma région, il a eu 3675 IVG: ce qui représente environ 25% des femmes entre 20 et 30 ans, dont plus d’une centaine sont des mineures. Au moins 25% des jeunes femmes, en une année, ont subi une grossesse non-désirée, et ont dû subir un avortement par la suite. Ce chiffre est absolument énorme et catastrophique, c’est un désastre humanitaire. Une grossesse non-désirée et un avortement sont des évènements traumatisants et douloureux, mais qui sont non seulement ignorés mais la faute est rejetée systématiquement sur les femmes qui doivent souvent souffrir seules, en silence, avec la honte et la culpabilité

  • Depuis le début de la légalisation de l’IVG jusqu’à aujourd’hui, c.à.d en 40 ans, le nombre d’IVG est resté constant. C’est à dire que depuis 40 ans, la contrainte au coït (et l’hétérosexualité obligatoire) n’a pas diminué d’un yota. Ce chiffre est totalement révélateur: LE moyen par lequel les hommes nous asservissent et nous occupent – le viol/coït répété à travers la contrainte à « l’hétérosexualité » – n’a pas diminué!! Depuis 40 ans de « révolte » des femmes, nous nous confrontons toujours aux mêmes problèmes: occupation de notre corps par le corps, le pénis et les gamètes des hommes, grossesses non-désirées, avortements, complications graves liées à tout cela, etc. 

  • Le coût d’un IVG pour une clinique est de 200 à 390€. L’IVG est jugé comme acte « pas rentable » par les cliniques privées: ceci explique pourquoi l’IVG existe seulement dans les hôpitaux publics, là où elle est obligatoire – et pourquoi presque aucune clinique privée n’accepte de faire des IVG (qui, au vu de 3675 femmes avortées par an par région, relève d’un manquement massif, organisé et criminel de l’obligation des médecins de soigner, et d’une enfreinte aux lois de non-discrimination. Mais comme on le sait, les besoins médicaux basiques et fondamentaux des femmes ne constituent pas une raison suffisante pour que les cliniques investissent dedans. A l’inverse, certains pays comme le Canada, l’Angleterre et l’Iran offrent gratuitement des opérations très coûteuses de mutilation sexuelle pour les « trans » – mais ça c’est une autre histoire).

  • Environ 50% des IVG sont des IVG médicamenteuses, et ce taux est en hausse constante. Là encore, c’est à l’avantage des labos pharma, qui veulent nous vendre leurs merdes (ce sont des produits toxiques, même s’ils sont abortifs). Le problème c’est que de moins en moins de médecins savent avorter par intervention chirurgicale. 

  • L’habilitation à effectuer une IVG ne fait pas partie de la formation obligatoire de base des médecins généralistes. C’est une formation sur 3 jours totalement sur la base du volontariat, que l’étudiant en Méd. Gén. peut décider de faire après sa sixième année, durant les années d’internat (Sachant qu’ils ont 6 années d’apprentissage derrière eux déjà! Là encore, on constate comment les institutions organisent la mise de côté des besoins médicaux les plus importants pour l’intégrité et la santé de la moitié de la population)

  • Dans ma région, seulement 5% des IVG sont effectuées chez des généralistes. De tous les médecins généralistes qui existent dans la région (des centaines), il n’y en a que 8 qui sont habilités à faire des IVG. C’est catastrophique car pour toutes les personnes à mobilité réduite, avec peu de moyens, étant sous contrôle (parental, marital) et dans la nécessité de cacher l’avortement, cela constitue des obstacles très importants à l’accès à la santé et à l’intégrité physique élémentaire des femmes.

  • Les centres de plannification familiale ne font pas d’IVG alors que ça fait partie de leurs missions officielles et publiques. Oui, parce que les services d’IVG sont déjà tellement nombreuses, efficaces et compétentes! Ce serait du surplus inutile que d’offrir ces services, totalement insignifiants pour la vie des femmes en passant. 

  • Les conditions d’accueil des femmes pour l’IVG sont globalement très mauvaises: l’accueil par le personnel est souvent froid avec une hostilité affichée, les femmes pouvant subir des jugements ou stratégies de culpabilisation pour les décourager de faire une IVG. La réprobation des femmes qui avortent est encore bien présente, les femmes étant souvent traitées comme des irresponsables, des dépravées. Les stratégies de découragement par les médecins, infirmiers, gynécos sont nombreuses, et la loi autorise n’importe quel médecin de refuser de pratiquer une IVG (donc de soigner une patiente!!) qui est une effraction de l’état à ses propres lois sur l’obligation des médecins à soigner et non-discrimination. Beaucoup de médecins s’affichent ouvertement anti-avortement.

  • Les délais pour l’IVG chirurgicale sont de 14 semaines en France (3 mois et demi). Ce délai est très court par rapport à d’autres pays (24 semaines en Angleterre, 22 semaines aux Pays-Bas) qui fait que c’est vite fait de devoir aller à l’étranger si les délais sont dépassés. Le déplacement et le service à l’étranger coûte entre 600 et 1000€, un coût qui j’imagine doit être prohibitif à de nombreuses femmes. J’ignore en revanche le nombre d’avortements illégaux dans ma région, mais je sais que certains médecins « militantes » le pratiquent. 



Celles qui ont présenté ces chiffres ont offert des explications pourquoi les femmes ont recours à l’IVG:


oubli de pilule (cause la plus fréquente apparemment, comme quoi, la pilule n’est absolument pas sûre (arnaque totale), et est en plus une méthode très invasive et stressante où chaque jour on est rappelée de notre vulnérabilité face à la grossesse et de notre peur de le devenir) ou capote qui craque
– celles qui ont des règles irrégulières (ah ces femmes avec ces règles et leurs déficiences! Les règles ne sont pas non plus faites pour arriver à la minute près, comme avec la pilule)
méconnaissance de son propre corps (rétention d’information organisée par les hommes)
erreur de diagnostic par les médecins (genre ils confondent les signes de grossesse avec une diarrhée et les renvoient avec les mauvais traitements – y’en a même qui, face à une patiente qui se plaignait de ne pas avoir de règles, ont prescrit la pilule à ces patientes!!! Le degré de stupidité est effarant, qu’est-ce qu’ils apprennent donc pendant 9 ans d’études ces médecins??)
Problème de couple / décision de garder ou non l’enfant prend du temps  (pb de couple = ils voulaient l’enfant mais ils cassent au moment de la grossesse, manque de pot! Elle doit avorter). 


OK. 


Vous trouvez pas qu’il manque quelque-chose dans le tableau des causes? Quelque-chose même, de très, très important, genre, de tellement évident que tout le monde oublie?


Non?


LES HOMMES! Et le coït!! Le viol!!! Pardi. Bon sang. Ça les a même pas effleuré. Comme si les femmes s’infligeaient tout ça toutes seules! Comme si elles se disaient un beau matin, « tiens je vais me mettre plein de sperme dans mon vagin aujourd’hui et risquer ma vie, haha! ». 


Elles en oublient le fait médical le plus élémentaire: 


1. PENIS pénétré dans VAGIN = RISQUE DE GROSSESSE
2. PENIS = HOMME 
(l’homme est le seul détenteur de ce sperme qui déclenche la grossesse par son insertion dans le vagin, et il sait très bien comment ça marche. La grossesse nécessite la décision active et consciente de l’homme de mettre son pénis dans le vagin d’une femme avec son sperme. En tant que seul détenteur du sperme, il est entièrement responsable de là où il décide de le déposer, y compris (et surtout) dans les vagins des femmes. Les hommes ont toujours des vagins à disposition. S’ils ne l’ont pas obtenu par la manipulation ou la force, ils l’obtiendront par l’argent.)
3. HOMME = RESPONSABLE A 100% DE LA GROSSESSE


Mais… 


4.FEMME = SUBIT A 100% LES CONSEQUENCES DE LA GROSSESSE!


Et puis, le fait que les femmes sont la propriété des hommes, qu’elles n’ont absolument aucun contrôle sur leur corps et sur leurs organes reproductifs; le fait que quasiment toutes les femmes n’ont aucun pouvoir de négociation pour refuser le coït: le fait que les hommes organisent l’ensemble de leur société autour de la mise en place de la disponibilité des femmes au viol/coït par tous les types de violences imaginables… Non? Pas pertinent? 


Les IVG ne sont que le symptôme du système patriarcal et du coït obligatoire. 


Voilà. 


La fin de ce post est inspirée des observations très inspirantes de Factcheckme, bloggeuse de « femonade »: le lien est dans mon blogroll « sites anglophones ».  

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6 commentaires pour IVG: les conséquences dramatiques du coït/viol sur les femmes

  1. Anonymous dit :

    Bravo !
    Quelle bouffée d'oxygène !

    Combien de fois me suis je faite la réflexion d'un profond ras le bol face à la culpabilisation systématique reportée sur les femmes qui appliquent leur DROIT d'avorter. Et allez, que chaque an on nous rebalance le chiffre des 200 000 ivg. Bouh.
    En même temps, sur le ratio de la population féminine, par ailleurs en augmentation, c'est déjà étonnant en soi que le chiffre n'augmente pas, et quand bien même, qu'est ce que ça peut faire…

    Juste ajouter, que souvent les femmes ne sont pas traumatisées, mais soulagées même si on ne leur autorise pas de l'afficher.
    D'ailleurs, ce serait moins pénible et « traumatisant » si les conditions étaient optimales (cf. conditions d'accueil par le personnel, stress du délai trop court à ne dépasser…) Je crois qu'on tend en général à toujours vouloir associer l'ivg à un acte lourd, qui hante, pour mieux culpabiliser sans doute, histoire aussi de moraliser, hein, faudrait pas se sentir trop libre d'avorter non plus…
    Le blog des 343 est pas mal à ce sujet.
    Il y a plein de témoignages, de femmes, tous âges confondus qui ont avortés et le vivent bien (d'ailleurs c'est le titre : « j'ai avorté, je vais bien ») et ce qui revient c'est à quel point leur détermination était immense et qu'elles n'ont aucun regret, si ce n'est, souvent, d'avoir effectué une ivg dans une mauvaise structure, ou de mauvaises conditions.

    Mais je suis d'accord avec tout ce qui a été énoncé, c'est effarant si peu de formation pratique des médecins, la fermeture des centres aussi, la rémunération ridicule de l'acte qui ne le rend pas rentable, résultat les patientes trinquent !

    C'est révoltant, et hélas la sensation que tout le monde dort devant le discours que c'est un droit acquis (*cough*) et que y a plus important. (Ouiiii l'économie, tout ça !)

  2. Anonymous dit :

    Ah et puis dans les raisons aussi, ben une toute simple, juste PAS ENVIE de se reproduire. ;op

  3. A. Ginva dit :

    Oui pas envie de se reproduire, mais surtout, pas envie de subir les conséquences de la reproduction qui peuvent être désastreuses et qui pèsent entièrement (à quelques iotas près) sur les épaules des femmes: mener une grossesse à terme, accoucher (le plus souvent dans des conditions dangereuses et stressantes grâce à l'institution médicale mâle), et devoir éduquer et élever un enfant dans des conditions qui sont TOUJOURS défavorables aux femmes.

    Je comprends ce que tu dis quand l'avortement est un soulagement, et que les femmes n'ont pas le droit de le dire car les hommes instrumentalisent le fait que ça puisse être traumatisant pour forcer les femmes à poursuivre la grossesse.

    Mais cette vision ne fonctionne que si l'on regarde les choses du point de vue des hommes, car ce n'est pas le traumatisme chez la femme qui les préoccupe, lorsqu'ils parlent de traumatisme, ils ne font que s'identifier au fétus en tant que parasite vivant aux crochets des femmes. Les hommes le perçoivent comme un affront à leur statut de mâle que la femme décide de se débarrasser d'un tas de cellules dans son utérus, car ils se mettent à la place de ce tas de cellules insignifiants dont la femme pourrait se débarrasser: leur point de focalisation pour le « traumatisme » est uniquement le fétus, leur futur potentiel mâle et alter égo, et non la femme:

    fétus « tué » = méga ouin ouin > il faut absolument empêcher les femmes d'éliminer le parasite mâle dans son corps!!

    bébé né = victoire patriarcale!

    Mais si l'on regarde les choses du point de vue d'une femme, c'est tout autre chose:
    1. grossesse non désirée = conséquence méga merdique du coït, et potentiellement traumatisant
    2. avortement = deuxième conséquence méga merdique du coït (car quand-même invasif, potentiellement douloureux et traumatisant, ayant des risques sur la santé et des effets secondaires importants, et peut parfois causer la mort selon les conditions) mais quand-même un soulagement par rapport une conséquence qui pourrait être pire encore…:
    3. Accouchement et grossesse à terme, qui en degré de douleur, de traumatisme, et risque de mort et d'exploitation à vie est ce qu'il y a de pire.

    Donc avortement = 1 mal pour éviter un mal pire encore. Donc évidemment c'est un soulagement par rapport à ce qui pourrait l'attendre après, mais c'est comme faire de la chimio pour éviter un cancer: ça ne veut pas dire que la chimio est agréable pour autant, on ne va pas se mettre à dire que la chimio c'est génial, ouaaiis, allons toutes faire de la chimio aujourd'hui!! ça fait quand-même partie des conséquences du coït qui sont hautement néfastes, douloureux et dangereux pour la santé, la vie et l'intégrité des femmes, et qui pourraient être évités si les hommes ne mettaient pas leurs bites dans nos vagins.

  4. A. Ginva dit :

    Merci pour tout tes commentaires! Ca me prendra un peu de temps pour répondre à tout, mais j'y arriverai!

  5. Elihah dit :

    Ha flûte j'avais pas vu que dans le premier comm le blog était cité, sorry.
    Bon j'ai mis le lien quoi.

Les commentaires sont fermés.