On ne fait pas caca allongé! *Ou comment les hommes veulent accoucher les bébés à la place des femmes

Le titre vous paraît bizarre? En fait je ne vais pas parler de caca mais d’accouchement, et dans un patriarcat. 

Ca nous paraîtrait impensable de faire pipi ou caca allongé, à part si on est malade au point de ne pas pouvoir se lever. La force de la gravité et le bon-sens veulent que pour que ça tombe, il est plus pratique de le faire descendre vers le bas, ce qui facilite grandement la tâche.

Avant les femmes accouchaient debout, assises ou à genoux, le plus souvent avec une chemise de nuit ou robe qui recouvrait leur jambes et leur sexe, ce qui préservait leur intimité. L’accoucheuse n’était aidée que par des Sages Femmes, c’est à dire des femmes plus âgées expertes dans l’accouchement et les soins. Mais depuis que les hommes ont accaparé la médecine à partir du moyen age (après avoir tué toutes les femmes médecin lors de leur génocide « chasse aux sorcières »), les hommes ont décidé que les femmes accoucheraient dans la douleur… allongées, les jambes écartées et le sexe entièrement livré au médecin-homme – la position porno par excellence, celle dans laquelle les hommes préfèrent toujours nous voir plutôt que comme des humains intègres et debout. 

accouchement allongé
L’accouchement allongé


(Précision: l’article mis en lien par la photo parle de « médicalisation abusive » – ça c’est encore un terme qui ne nomme pas l’agent! Ce sont les hommes qui détiennent et ont détenu historiquement le monopole de la médecine et qui l’ont organisé en fonction de leurs intérêts patriarcaux).

En fait, c’est juste parce que les hommes ne supportaient pas ne pas être au centre de l’accouchement, alors ils se sont auto-décrétés médecins obstétriciens, ont pris le contrôle des accouchements et ont mis les femmes dans des rôles secondaires et serviles, les infirmières. (Voir le livre de B. Ehrenreich et Deirdre English pour plus d’info, ici et ici)

Et comme d’habitude, ils font point par point l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour la santé, l’intégrité, le respect et le bien-être de la personne. 

Déjà, l’accouchement allongé est nocif pour l’enfant tant que pour la mère car le poids du ventre comprime l’artère qui se trouve entre la colonne vertébrale et l’utérus, qui est la source d’alimentation du bébé. Qui fait que l’enfant, qui doit mobiliser d’énormes forces pour se sortir de là, voit sont alimentation réduite ou coupée, ce qui le met en difficulté ainsi que la mère, pour qui l’accouchement risque d’être plus long, pénible et douloureux. Ceci augmente à son tour le risque de césarienne, qui est évidemment le chouchou de la médecine des hommes, car là ils peuvent rentrer dans l’utérus des femmes pour en sortir le bébé! Alors ils font tout pour qu’il y ait césarienne. Et comme par hasard, les césariennes sont financées, alors que les accouchements « naturels » font perdre de l’argent! La santé et la qualité de vie fait toujours perdre de l’argent aux patriarches, je ne sais pas si vous avez remarqué… (Voir l’excellent film de Marilyn Waring http://artthreat.net/2010/04/marilynwaring/ 

Les femmes qui ressentent le moins de douleur sont celles qui accouchent dans une piscine.

Siège d’accouchement

Aussi, le bébé n’est apparemment pas sensé être lavé tout de suite après l’accouchement (je sens le réflexe des hommes: « eurk! lavons ce liquide dégueu des femmes! » – un peu le même réflexe que pour les menstruations quoi). Les liquides pourraient se laisser sécher un à deux jours après la naissance le temps que la peau du bébé s’adapte à l’extérieur et qu’elle soit moins fragile. 

Autre détail: apparemment, la lumière crue des hôpitaux serait également très mauvaise pour les nouveaux-nés, qui sortent de neuf mois de noir. Duh.

Troisième connerie patriarcale: séparer les bébés des mères, même quand ils sont prématurés. Dans des pays où il n’y a pas de couveuse, pour remplacer ce système des hôpitaux ont trouvé une solution: que le bébé soit h24 collé, sous des vêtements, à la peau de la mère (et d’autres membres de la famille pour changer de temps en temps) jusqu’au moment de sa naissance prévue. Ce serait une sorte de remplacement de la gestation, et ils ont trouvé que les bébés se développaient beaucoup mieux, que les risques de Stress-post-trauma chez l’enfant comme les parents étaient considérablement diminués. 

D’une manière générale, les bébés et enfants se développent mieux lorsqu’ils sont en contact tactile de la mère durant les trois premières années, ce qui correspond à la période post-gestatoire de lactation. (Trois ans c’est énorme comme travail!! Oui!! C’est pour ça que les hommes nous poussent à faire tant d’enfants, c’est le meilleur moyen pour nous aliéner, nous garder à la maison complètement surmenées et vampiriser notre travail, corps et énergie) 
Ca c’est encore un truc des hommes de vouloir séparer les enfants des mères le plus tôt possible, traditionnellement pour pouvoir les engrosser à nouveau, pour maximiser la « machine productrice d’enfants » en cassant la période lactatrice post-gestatoire, la femme peut à nouveau devenir enceinte, même si elle n’est pas physiquement prête, mais aussi pour casser le lien qu’elle a avec l’enfant et que les hommes ne peuvent avoir – de par leur biologie. (Voir Paola Tabet Des outils et des armes) Sauf que cette coupure « phallique » du père, tant prônée par les psychanalystes et les masculinistes d’ailleurs, n’aiderait pas les enfants à se développer sainement et accroitrait considérablement les risques que les enfants développent des symptômes traumatiques « abandonniques ». 

* Je précise ici que le problème actuellement n’est pas en soi que les femmes soient collées aux enfants ou non car une telle pratique, dans un contexte où les femmes sont possédées par les hommes, sera toujours au détriment de la femme et à l’avantage de l’homme pour garder les femmes et les enfants sous son contrôle. Le problème est que la reproduction (et donc nous) sommes accaparées par les hommes qui n’ont que pour unique intérêt de nous utiliser comme moyens / réceptacles creuses pour reproduire leurs humains mâles.

Ca et bien-sûr le fait que les femmes soient tellement détruites par la violence des hommes en plus d’êtres totalement abandonnées comme un déchet une fois que l’enfant est sorti (alors qu’on leur a promis que c’était le bonheur, on leur a fait croire qu’elles n’existeraient que pour ça – l’arnaque totale!), le fait de devoir gérer des dépressions ou angoisses post-partum le plus souvent dans la solitude et la honte, une absence totale de reconnaissance de leur travail reproductif et d’aide et de soutien pour qu’elles puissent faire ce travail dans les meilleures conditions, assurent non seulement les pires conditions possibles d’éducation des enfants pour les mères (facile de les accuser après!), mais assurent aussi des générations d’enfants détruits et traumatisés malléables à merci par le patriarcat. Sans compter le nombre de grossesses forcées, non désirées, ambigües, etc…

* Ce n’est pas pour rien que l’accaparement des hommes de la médecinepour des fins patriarcales soit aussi importante pour la perpétuation du patriarcat: tout est fait pour que les victimes ne se soignent pas, pour les détruire davantage, générer de nouvelles victimes et de nouveaux agresseurs en protégeant les agresseurs. Classique!

Bon voilà pour ce soir!!

Publicités
Cet article a été publié dans accouchement debout et allongé, machine médico-patriarcale. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

16 commentaires pour On ne fait pas caca allongé! *Ou comment les hommes veulent accoucher les bébés à la place des femmes

  1. Euterpe dit :

    Bravo pour cet article, je sousscris à 100% ! Je n'ai pas envie de raconter ma vie mais je la reconnais dans chaque point abordé.

  2. A. Ginva dit :

    Ah merci beaucoup! Ca c'est incroyable comme on peut se reconnaître dans les expériences des unes et des autres, quel que soit le lieu où on habite!

  3. Lora dit :

    Comme Euterpe! Pour mon deuxième, j'étais hospitalisée dans un petit hôpital de province et la nuit, j'ai des contractions. L'infirmière de garde a prévenu le gynéco pour lui demander « si je pouvais accoucher »! Pendant ce temps, laissée à moi-même,j'étais accroupie sur mon lit 🙂 Ca faisait beaucoup moins mal! Et j'ai accouché avant qu'il arrive, avec l'infirmière…
    Et, pour le premier, je n'oublierai jamais le « soyez sage » bien infantilisant du médecin. Oui, crier, ça soulage.

    La surmédicalisation de la grossesse et de l'accouchement fait partie des violences faites aux femmes, c'est tout à fait vrai et en plus, c'est présenté, très hypocritement, comme du soin et de la sollicitude.

  4. A. Ginva dit :

    Jai fait quelques mises à jour à l'article après des réflexions intéressantes d'une amie.

    Voici notamment sa réflexion sur l'analogie du caca, finalement je n'ai pas réédité l'article en fonction de celle-ci car il aurait fallu que je change le fil argumentaire du début et tant pis, ce sera pour une autre fois. Pour éviter de surcharger l'article d'ajouts partout, je préfère finalement inclure sa réflexion dans les commentaires:

    « l'analogie « faire caca » et accoucher est très misopédique, Freud l'a banalisé ++, il nous faut absolument détâcher les enfants de ce statut de chose à évacuer que leur collent les patriarches. »

    Je suis d'accord! J'ai utilisé cette analogie uniquement pour démontrer la stupidité totale d'imposer l'accouchement allongé comme norme, alors que la norme pour l'expulsion par les orifices génitaux est d'être assis, accroupi ou debout. à part si la femme est malade, la position allongée ne sert vraiment que si l'homme médecin veut être celui qui retirera avec ses mains l'enfant. C'est une façon de contrôler ce qu'il peut contrôler. Il ne peut pas entrer dans l'utérus de la femme, mais dans son fantasme d'être dieu le père créateur tout-puissant, il peut la forcer à s'allonger pour l'empêcher elle et l'enfant de faire le travail seuls.

  5. Euterpe dit :

    Mais moi le pire c'est que je n'ai pas voulu laisser mon accouchement aux mains d'un médecin et choisi un cabinet de sages-femmes qui organisaient des accouchements à la carte indépendamment de tout médecin (c'est possible en Allemagne). J'ai bien précisé que je voulais accoucher accroupie ! Et pourtant les deux sages-femmes m'ont imposé la position allongée. Je me sentais incapable d'accoucher dans cette position. Résultat : le père du bébé a du appuyer de toutes ses forces sur mon ventre pour expulser l'enfant. Du coup c'est lui qui a accouché et non moi !:(

  6. A. Ginva dit :

    Ah c'est vraiment criminel ce qu'elles ont fait! J'imagine qu'appuyer d'une telle force sur le ventre et sur le bébé n'a pas dû être sans conséquences. J'en ai mal rien que d'y penser! C'est dingue qu'elles n'aient même pas voulu respecter votre volonté alors même qu'elles se revendiquent « alternatives » aux médecins obstétriciens de par leur cabinets. J'ai appris par des témoignages perso de femmes que dans certains pays comme aux Japon il n'existe plus que deux ou trois sage-femmes qui exercent, et que dans certains états aux états-unis le métier aurait carrément été interdit par la loi.

  7. Elihah dit :

    Merci pour ce post.
    Et, globalement, pour ce blog 🙂

  8. Il me semble que certaines maternités, dans la continuité des luttes des années 70, ont voulu essayer des alternatives au modèle d'accouchement imposés, comme les Lilas ou les Bluets. Il y avait l' »accouchement sans violence » notamment qui avait été mis au point avec l'idée de diminuer la lumière, laisser l'enfant à la mère sans le laver immédiatement, proposer des alternatives comme accoucez dans l'eau. Evidemment vu les suppressions drastiques de financement, elles sont de plus en plus obligées de se « normaliser »… C'était pas forcément encore idéal, mais c'est déjà intéressant de voir qu'il y a eu ce genre de tentative. Bon après, je ne peux que en parler de loin, c'est une expérience que je n'ai pas.
    En tout cas c'est vraiment très intéressant de montrer l'absurdité à laquelle on est parvenu et d'articuler ça aux rapports de force en jeu.

    Trompes de Fallope

  9. Emelire dit :

    J'ai accouché allongée et c'est vrai que votre article me sème le doute, car j'ai l'impression effectivement que cet article a raison ! D'ailleurs à un moment, lors de mon 1er acct, on m'a fait « asseoir » (sur le coin de la table, donc SUR quelque chose) et comme le bb était déjà super bien descendu, ça a été une douleur très forte et quelque chose que j'ai ressenti comme néfaste pour le bb et moi, j'ai d'ailleurs exigé « ne me demandez plus jamais de me mettre dans cette position ! » que j'ai ressentie comme dangereuse… en fait, c'était pour me faire (un peu tard) la péridurale, l'accouchement était déjà très enclenché. J'avais fait une prépa en sophrologie, + une pointe de péridurale, ça s'est très bien passé néanmoins j'en garde un bon souvenir.
    J'ai lu que les femmes en Afrique du Nord accouchent debout en se tenant à des cordes, est ce idiot d'avoir une intuition ? j'ai toujours pensé que ça m'aurait soulagé d'accoucher ainsi, sans idéaliser du tout l'accouchement naturel, je ne renie pas le bénéfice de la péridurale, et des connaissances médicales, des moyens techniques. Dommage cependant que, comme toujours, le machisme en prenne le contrôle.

  10. dikecourrier dit :

    Bonjour,

    Je me retrouve aussi dans cet article ! Pour mon premier accouchement, j'ai eu l'impression d'avoir été spoliée d'une partie de ma maternité : le personnel médical m'a immédiatement enlevé l'enfant, ignorant mes questions sur son sexe (qui n'avait pas encore été déterminé). Le pédiatre a finit par me dire qu'il avait des choses plus vitales à faire et vérifier que me répondre ! L'enfant n'a été posé sur mon ventre (rhabillé par l'infirmier) pour 10 secondes, puis a été emmenée dans une autre salle, où je l'ai retrouvée lavée et habillée, entourée par ma famille, une heure après. Cela m'a été très désagréable de faire connaissance de mon bébé une heure après ma famille alors que j'aurai dû être la première. C'était comme si on me présentait une inconnue.

    J'ai vraiment eu l'impression que le personnel médical m'a spoliée, d'une part, et d'autre part qu'il a profité de ma faiblesse physique due à l'accouchement, car en temps normal je ne me serai pas laissé faire ainsi. Mon mari n'avait pas eu le droit de rentrer dans la salle d'accouchement malgré mon souhait.

    Après l'accouchement, j'ai demandé à l'obstétricienne pourquoi je n'avais pas eu de péridurale ; elle m'a répondu qu'elle n'en fait jamais, pour éviter que les mères ne soient trop détendues et que l'accouchement ne prenne trop de temps (ce qui représente un danger pour l'enfant, selon ses dires, à moins que ses motivations ne soient plus financières, sa clinique étant son business). « Tu enfanteras dans la douleur », ma fille…

    Je n'habite pas en France et je n'avais pas beaucoup de choix de clinique. Pour mon deuxième accouchement, je n'ai pas cherché à faire changer les choses (je n'aurai pas été comprise), mais je me suis préparée mentalement à ce que l'accouchement se passe de la même manière.

  11. Anonymous dit :

    J'ai accouché aux Lilas… mon expérience ?
    Pas très glorieuse … ils sont dirigés par la peur comme partout maintenant. J’espérais un avac chez eux et finalement ça s'est soldé de la même façon que la première fois une césarienne programmée ! Même pas eu le droit de tenter quoi que ce soit rien.
    Il ne faut rien espérer des Lilas ou encore des Bleuets actuellement si vous sortez un peu du moule c'est foutu c'est peut-être même pire que dans des lieux ou ils sont soit disant plus médicalisés car ils vous bercent de douces illusions et ensuite vous tombez d'encore plus haut !
    Le seul endroit ou j'ai pu accoucher en voies basses c'est à Villeneuve Saint Georges la ou le directeur du pôle mater n'hésite pas à accoucher des femmes même après 2/3 césariennes alors que c'est soit disant de la folie ! Ce n'est pas parfait mais il accepte bcp de projets y compris celui des AAD !

  12. veronique dit :

    bonjour

    il me semble que c'est bien après le moyen-age que les hommes ont imposé la position gynécologique : au 17eme siècle, avec l'accouchement des reines et dames de la cour.

    pour le reste, d'accord avec vous.
    j'ai pu accoucher sur le coté pour ma deuxieme, c'etait autre chose que sur le dos !

  13. Maman au naturel dit :

    Bonjour,

    Je vous écrit depuis la Tunisie pour apporter mon témoignage sur la façon dont les femmes tunisiennes « de la campagne » accouchaient jusqu'à la fin des années 80 (je précise « de la campagne » car en ville les accouchements se font depuis bien plus longtemps en position allongée).

    Ainsi donc, en presque 20 ans, nous avons perdu tout le contrôle sur nos accouchements et sur la manière toute naturelle que nos ascendantes avaient de donner la vie.
    Nos mères n'avaient aucune préparation particulière, aucun « cours » donné à l'hôpital ni aucune leçon reçue à ce sujet, mais l'immense apport de participer de plus ou moins près à chaque accouchement d'une femme de la famille : ainsi les jeunes filles, en assistant la « sage-femme » locale, apprennent de manière instinctive ce qu'elles ont besoin de savoir sur l'accouchement.
    Je ne parle pas de physiologie, aujourd'hui tout est accessible de ce côté-là, y compris sur internet, dans les livres, etc. mais sur les aspects purement humains : comment une femme se sent dans ces moments-là, de quoi a-t-elle besoin,… voir et ressentir avec elle les douleurs, les besoins, etc. sont des « connaissance » et « compétences » que la jeune fille apprenait le plus simplement du monde au contact des futures mamans.

    Dans les dernières semaines, puis les derniers jours précédents la naissance, la femme est donc soutenue par les autres femmes de la famille et de l'entourage (soutien moral mais aussi dans les tâches du quotidien, dans sa toilette s'il le faut, etc.).
    Puis, lorsqu'elle « sent » le moment arriver, elle est prise en charge par la sage-femme et « ses assistantes » (des voisines, des cousines, des soeurs, des mamans, etc. qui lui humectent le visage, apportent de l'eau, des linges, des vêtements, etc.). Quand les contractions commencent, la future maman se met à l'écart, au calme, dans un coin de la maison aménagé pour elle et son futur bébé ou dans une sorte de « tente extérieure », les autres femmes restant à son écoute et faisant des allers-retours pour répondre à tous ses besoins, pour la masser, etc.
    Elle prend alors les positions dans lesquelles elle se trouve le plus confortable, à l'extérieur, dans la tente, un tissu est accroché sur les rondins de bois qui forment la structure forte de la tente, et la femme peut se servir de ces tissus pour s'y accrocher avec les bras. Ces tissus sont suffisamment longs pour qu'elle puisse rester debout ou accroupie, de la manière qui correspond à son besoin.
    La sage-femme est toujours présente pour l'aider.
    Pas de lumière, pas de pression, tout le monde à son temps, et prend son temps.
    Quand l'enfant se présente, il est simplement posé sur la poitrine de la maman afin qu'il prenne sa première tétée. La maman et l'enfant sont éventuellement couverts par un linge selon que la saison est froide ou chaude. Bien plus tard, quand la maman le souhaitera, le bébé sera simplement essuyé par des tissus et serviettes, il ne sera lavé avec de l'eau que quelques jours plus tard.

  14. Maman au naturel dit :

    La maman est prise en charge par la sage-femme pour les jours suivants avec l'aide des femmes de la famille qui lui préparent des repas roboratifs et des sortes de « desserts consistants » avec des fruits secs moulus mélangés à du miel.
    Pendant les 3 à 4 semaines suivantes, les femmes de l'entourage de la maman continuent à s'occuper ou à assister la maman et le bébé dans leur quotidien, si tel est le souhait de la maman.
    Quand la maman se sent d'attaque pour reprendre les tâches du quotidien, les femmes cessent de lui apporter les repas et d'accomplir les tâches ménagères.

    De nos jours, ne subsiste que la dernière partie : l'aide des femmes de la famille après le retour à la maison de la maman et de l'enfant.
    Tout ce qui concerne l'accouchement en lui-même « ne se fait plus »… toutes les femmes accouchent maintenant à l'hôpital le plus proche, dans des conditions difficiles, sans le soutien de ses proches (personne, pas même l'époux ou la maman ou la soeur de la future maman n'est autorisé à entrer dans la salle d'accouchement… qui est elle-même très froide, ou la normalité impose maintenant l'accouchement allongé, jambes sur les étriers… sans véritable chaleur humaine, sans les conseils bienveillants prodigués autrefois par la sage-femme « locale » (quasiment toujours une proche parente mais dans tous les cas une femme que l'accouchée « connaît » et en qui elle a toute confiance).

    Quelle erreur que d'être entrées pleinement dans cette façon -que tout le monde appelle « moderne »- d'accoucher !
    Que de déception et de peur !
    Une façon totalement déshumanisée d'accoucher !

  15. l'elfe dit :

    Je suis bien d’accord avec le sens de l’article. Néanmoins les pratiques commencent à évoluer. ma mère (gynéco) m’a fait visiter la partie accouchements de la clinique où elle travaille, elle m’a expliqué que les femmes choisissaient elles-même la position dans laquelle elles veulent accoucher, qu’on ne lavait plus les bébés après l’accouchement, etc. J’ai été très agréablement surprise. Bon peut-être qu’à l’hôpital c’est différent. Par contre elle avait l’air de dire qu’elle faisait beaucoup de péridurales. Mais si les femmes ne se préparent pas correctement à l’accouchement parce qu’elles sont simplement « prises en charge » par le système médical, c’est pas étonnant que les péridurales soient nécessaires. Se réapproprier l’accouchement, cela ne se fera pas en un jour.

    Sinon le titre m’a fait penser à des récits que j’ai lu de femmes qui ont accouché et qui racontent l’humiliation d’avoir envie de faire caca pendant le travail et de devoir le faire comme ça devant les sages-femmes sans pouvoir aller aux toilettes ou trouver un moyen plus discret. (avant l’article étaait ici http://www.mereindigne.com/2006/10/02/linformation-cest-le-pouvoir-coco/ mais ça n’a pas l’air de marcher). Un truc dont on ne parle pas beaucoup… Brrr, ça donne pas très envie d’accoucher. Les infirmières ont beau avoir l’habitude, ça reste humiliant pour les patientes.

  16. Biggles dit :

    Tout à fait d’accord avec cet article ! On peut parler également du carriérisme – programmé – des femmes qui les sépare de leurs enfants pour les pousser dans les bras du capital. Parce que beaucoup de femmes, je suis sûr, notamment issues de milieux défavorisés, préfèreraient cent fois rester auprès de leurs enfants plutôt que de bosser à l’usine ou comme caissières dans un supermarché.

Les commentaires sont fermés.