Des informations utiles sur les stratégies des pervers narcissiques

Muriel Salmona et Pascale Chapeaux-Morelli parlent sur l’émission « âllo docteurs » des mécanismes du pervers narcissique, mécanismes qui correspondent aux situations d’emprise par tout un ensemble de violences psychologiques, affectives, financières, chantages, etc. Ces mécanismes sont plus généralement l’une des formes de violences interindividuelles et de colonisation de la pensée les plus répandues et efficaces pour maintenir le système de domination patriarcale en place, pour que les dominants obtiennent des subordonnées ce qu’ils veulent. Or ce sont ces types de violences qui sont le moins prises en compte dans l’analyse des faits, car le patriarcat nous fait croire que seuls les coups et blessures qualifient comme violence, même quand il y a violence sexuelle (alors que ceux-ci représentent une minorité de violences des hommes contre les femmes et les enfants).

Ce n’est certes pas une émission féministe radicale car ici il n’est pas question d’expliquer en quoi ces types de violences psychologiques bénéficient au pouvoir individuel et collectif des hommes sur les femmes, mais il est intéressant en ce que beaucoup de féministes y reconnaîtront pas mal des stratégies de conjoints, collègues, patrons, parents violents.

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Pour rappel, les stratégies de l’agresseur définis par le CFCV: 

ELEMENTS SPECIFIQUES DE LA STRATEGIE
DES AUTEURS DE VIOLENCES SEXISTES
Quelle que soit la forme de violence exercée, on retrouve des caractéristiques  semblables dans la stratégie mise en place par l’auteur de violence à l’encontre d’une femme.
Choisir la victime et la mettre en confiance
D’abord il choisit, sélectionne celle qui deviendra sa victime. Il va chercher à s’en approcher, parfois par la force, mais le plus souvent par la manipulation – par des sourires, en proposant un verre, en l’invitant chez lui, en répondant aux attentes de la victime, par des promesses, des mots tendres, des attentions, des cadeaux, en faisant croire à l’amour, etc.
Ensuite il organise les agressions en fonction de 5 priorités principales
Isoler la victime
Géographiquement, socialement, affectivement, familialement, professionnellement…
La dévaloriser, la traiter comme un objet:
Humilier, dénigrer, critiquer, moquer, insulter, affaiblir… Lui faire croire qu’elle n’est rien sans lui; Avec la double conséquence: qu’elle perdra l’estime d’elle-même ; qu’elle ne répliquera plus et qu’elle n’osera plus partir
Inverser la culpabilité
Transférer la responsabilité de la violence à la victime; Ne se reconnaître aucune responsabilité dans le passage à la  violence:    elle a provoqué, elle souhaitait que je fasse ça, elle m’a énervé ; Entretenir la confusion, l’embrouille: attitudes contrastées alternant avec périodes d’accalmie annonciatrices de redoutables orages…
Instaurer un climat de peur et d’insécurité:
Se présenter comme tout puissant: User de menaces et en mettre quelques-unes en œuvre Représailles sur les proches, les animaux domestiques
Agir en mettant en place les moyens d’assurer son impunité:
Recruter des alliés; Organiser une coalition contre les faibles; Prévoir d’impliquer la victime potentielle dans le déroulement des faits lui offrir quelque-chose; lui demander de l’aide, lui fournir de l’aide…
 
Verrouiller le secret.
 
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2 commentaires pour Des informations utiles sur les stratégies des pervers narcissiques

  1. Unity dit :

    Bien bien… Mais, pour tout dire, je suis une fille, et je n’ai croisé de ma vie que des pervers narcissiques de type féminin et n’ai pas du tout l’impression qu’elles soient plus rares. Il y a donc comme un mensonge par omission. Les méthodes – quoique subtilement différentes – restent très proches et il me semble très mauvais de rejeter la faute sur un seul sexe, étant donné la nocivité de ces personnes.

    • aginva dit :

      A la différence des hommes, ces violences ne bénéficient pas les femmes, puisque cela divise les femmes entre elles et nous détruit. C’est une stratégie d’oppression de classe. Les hommes nous volent nos moyens de survie, nous mettent en danger, détruisent la terre et monopolisent le peu de ressources qui restent, accumulent leurs richesse sur notre dos, et ainsi nous forcent à dépendre d’eux pour la survie, ce qui organise notre captivité à eux pour qu’on ne puisse pas échapper aux violences. Ceci, inévitablement, nous met en compétition, sans compter la propagande de haine des femmes et la destruction forcée des mères sur les filles qui organisent sur un plan social comme individuel notre perpétuelle trahison à soi-même et aux autres femmes. Tout comme le sale boulot de surveiller les femmes pour la « féminité », de veiller à ce qu’aucune femme n’échappe à la subordination des hommes rend invisible le rôle des hommes comme à la fois organisateurs et bénéficiaires directs de ces violences.

      C’est fait exprès pour que l’on perçoive les violences des femmes comme étant pires que celles que nous infligent les hommes, alors que ce sont eux qui nous tuent, violent, torturent massivement.

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