Le coït, une aberration totale (sauf si on regarde sa fonction dans le patriarcat)

Je viens de découvrir avec beaucoup de joie une phrase de Christine Delphy dans la video de sa présentation du livre « femmes de droites » d’Andrea Dworkin à Violette & Co. Enfin un peu de bon sens! Elle parle brièvement de l’arnaque du « libéralisme sexuel » et la fonction qu’ont les contraceptifs et avortements dans le maintien de l’asservissement des femmes par les hommes – (qui passe par le coït):

« l’avortement, c’est ce qui va rendre toutes les femmes disponibles à tous les hommes. […] Une des excuses que les femmes pouvaient fournir pour ne pas coucher avec un mec c’était qu’elles ne pouvaient pas être enceinte, car après elles n’avaient plus la contraception, elles n’avaient plus l’avortement ».

Or, aujourd’hui, la pilule et l’avortement font que nous n’avons plus ce moyen de négociation possible, nous n’avons plus d’excuses pour refuser le coït aux hommes. Alors même que la pilule ne permet pas d’éliminer le risque de grossesse (il le réduit seulement) car une grande partie des avortements aujourd’hui se font chez des femmes entre 15 et 27 ans, qui prennent la pilule. Prendre la pilule, ce poison, ce toxique, subir cette invasion tous les matins, tout ça pour quand-même vivre avec la peur de tomber enceinte, la peur d’oublier sa pilule. Quelle arnaque. Combien de fois il n’y a ni préservatif, ni pilule, et que malgré tout, on prend le risque de « céder » au coït car on pense à la pilule du lendemain, et au pire, on se dit, il y a l’avortement. On ignore la peur, la terreur d’être enceinte car on veut croire au mythe qu’être égale à un homme c’est pouvoir baiser comme lui, sans conséquences. On essaie d’ignorer le fait que s’il n’avait pas insisté, initié, s’il n’y avait pas cette pression, cet horrible sentiment d’obligation, la peur de refuser car sinon on est rejetée, jamais on n’aurait pensé au coït. On essaie d’oublier qu’on n’en a pas envie, pas vraiment, pas tout à fait, il y a quelque-chose qui cloche. On veut croire désespérément au mensonge que l’on nous inculque, que « femme + pilule = homme ».

On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Comme tout ce qui est patriarcal, le fait que tout ça soit une libération pour les femmes est une inversion absolue: la réalité et que ça a assuré la continuation et le renforcement de notre asservissement total. La seule vérité que cela contient, c’est que c’est effectivement une libération des contraintes et obstacles à l’accès des hommes aux femmes, par le viol / coït.
Or le coït ne peut jamais être une pratique récréative pour les femmes car aucun contraceptif n’élimine les dommages causés par le coït: même le stérilet et la ligature des trompes n’empêche pas à 100% les grossesses – je connais plusieurs personnes qui sont nées des deux. Les dommages du coït ne peuvent être que légèrement mitigés, sachant que les contraceptifs hormonaux, stérilets + avortements sont en eux-mêmes des conséquences graves du coït sur notre santé et intégrité. Le coït comme pratique récréative est forcément inégalitaire, car il comporte des risques tellement énormes pour les femmes (grossesses non-désirées, avortements, complications liées aux deux, possibilité de mourir des complications ou de l’accouchement, problèmes de santé graves suite à des années de prise de pilule, etc) alors que pour les hommes, il existe des risques vraiment infimes (MST) et ceux-ci peuvent de toutes façons être totalement éliminés.

Voici ce qu’en dit Factcheckme:

if we are very, very lucky, perhaps some of us, for some period of time, can mitigate the severity and frequency (but not the occurrence) of the female-specific harms perpetrated on us, by men. and female-specific harm includes the risk of female-specific harm…which is harmful in itself, because its stressful and requires behavior and thought modification, because we were born with babymakers in a rape culture, and that has meaning. oh yes it does.

Nous avons donc les facteurs suivants:

1. nous, les femmes, à l’inverse des hommes, avons une machine à reproduire des bébés à l’intérieur de nous.

2. Cette machine à bébés s’enclenche lorsqu’un sperme entre en contact avec un ovule fécondable, c’est à dire lorsque le sperme passe par le vagin jusqu’à rencontrer l’ovule au bout, dans la trompe. Généralement ça se fait par ce qu’on appelle le « coït », l’insertion du pénis dans le vagin, mais la simple déposition de sperme sur la vulve peut suffire à rendre enceinte. (donc même l’idée que le coït soit nécessaire à la reproduction est un mythe)

3. Les hommes savent tout ça, que sperme dans vagin = grossesse.

4. Bien que sperme dans vagin / pénis dans vagin = grossesse, les hommes ont érigé le coït comme pratique hétérosexuelle obligatoire, et nécessairement régulière (« récréative »), appellent ça « sexe » (associé au plaisir) et font en sorte que l’hétérosexualité aussi soit obligatoire. [oui, ce sont les hommes qui l’ont érigé et pas les femmes, car toutes les règles sont édictées par et pour les hommes. C.f. patriarcat].

5. coït = 0 risque pour les hommes; coït = énormes risques pour les femmes (pouvant entraîner la mort); cette pratique est donc nécessairement et biologiquement inégalitaire, oppressive et dommageable pour les femmes. Malgré cela, les hommes continuent à vouloir nous soumettre en permanence au coït, coûte que coûte, quitte à nous faire gober des hormones ou insérer des bouts de ferraille dans l’utérus pour qu’on croie que ça a pas d’incidence sur noues.

6. Quand tu sais que ce que tu fais c’est dommageable pour l’autre, et pour l’autre uniquement, et que tu continues quand-même à le faire, c’est que la nuisance / la destruction est intentionnelle. Car sinon, en sachant les conséquences, si tu ne voulais pas nuire, tu aurais arrêté ton action / ton geste tout de suite. Les hommes savent les conséquences qu’a le coït sur les femmes. Or les hommes n’arrêtent pas le coït.

7. Le coït comme pratique régulière remplit très bien sa fonction: celle de nous détruire. Ce n’est pas un accident. Il a été intentionnellement conçu pour nous détruire, nous asservir aux hommes et surtout nous réduire à du bétail pour reproduire des humains mâles (cf Claire Michard et Paola Tabet).

8. Le fait que les hommes savent que c’est dommageable pour nous et uniquement pour nous, qu’ils insistant tant à ce que nous nous soumettions au coït, et qu’ils mettent tant d’énergie à nous faire croire que c’est du sexe, du plaisir, de la libération malgré que le coït soit totalement inutile autant sur le plan du plaisir que sur le plan reproductif (tout plaisir génital chez noues provient uniquement du clitoris et non du vagin, qui est un muscle), est une preuve de l’intentionnalité de l’usage du coït comme outil de démolition des femmes à l’échelle massive.

Pour reciter Factcheckme:

Men know that women are impregnable, as a sexual class, and thats why they rape almost exclusively girls and women, and almost exclusively *not* other men. raping female-bodied persons is like throwing spaghetti against the wall, and knowing some of it will stick: by raping women, all women, regardless of age, and not men, (individual men perhaps, but not men-as-a-class) they know that pregnancies will result. they just wont be around to see it.

Et ici: (source)

considering that men know that intercourse is harmful to women, including the risks of disease and pregnancy; and understanding that female-specific reproductive harm is central and critical to male political and interpersonal power; and considering that intercourse-as-sex is therefore the very foundation of patriarchy itself — […] no sane, healthy, competent etc. person would voluntarily engage in it, considering the risks.  get it?

so sane person.  no human person.  no man.

you see, there is not a man in the entire world, if the risks of intercourse applied to men, who would ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, EVER choose to engage in it for pleasures sake.  never, ever, ever, ever, ever would a man voluntarily place himself in harms way like that, and that includes the most submissive, masochistic and self-hating man.  NO man would EVER do this.

Tout ça pour dire que l’unique raison pour laquelle l’on puisse croire que le coït soit normal et naturel pour nous alors que notre réalité dit exactement l’inverse – c’est à dire que c’est destructeur et totalement anti-naturel voire d’un danger mortel – c’est parce que les hommes, par tous les moyens, nous ont tellement lavé le cerveau avec leur propagande pro-coït, que le coït nous paraît immuable et inévitable comme la roche, au point que toute alternative ou cessation immédiate du coït pour notre santé et intégrité ne soit même pas pensable.

Etant donné que toutes les définitions de la réalité qui nous sont imposées par les hommes ne sont fondées qu’à partir de l’expérience qu’en ont les hommes, et surtout comme la seule définition du coït qui existe est celle qui se base sur l’expérience qu’en ont les hommes, (c’est à dire une érection et pénétration / éjaculation sans conséquences), ceci fait que nous n’arrivons pas à définir et à identifier ce qu’est le coït à partir de notre réalité: qui n’est qu’aliénation, destruction de la santé, peur, maladies, colonisation – qu’il y ait une excitation génitale ou non qui se rajoute à cela ne change en rien cette réalité; cela peut seulement en changer notre perception. Et d’ailleurs, certains hommes ne se privent pas de stimuler le clitoris pendant le coït, pour que petit à petit, notre corps associe mécaniquement le coït à une excitation génitale. Ceci n’est qu’un processus de dressage, pour semer la confusion et nous faire croire qu’au fond nous aimons ça, car les premiers coïts sont dans l’immense majorité douloureux ou sans plaisir.

Cette imposition et impression dans nos cerveaux de leur perspective de la réalité opposée et antagoniste à la nôtre équivaut à de la violence psychologique, ou même de la torture psychologique, car ce n’est autre que que du lavage de cerveau dans des conditions permanentes d’extrêmes violences exercées par les hommes contre noues. Cette violence psychologique, ou ce lavage de cerveau qui consiste à déréaliser les violences qu’ils nous infligent ainsi que leurs conséquences et les nommer par l’inverse de ce qu’ils sont (« amour », « sexe », « plaisir », « érotisme », etc.) ont pour effet et pour but de nous dissocier totalement de nous-mêmes et de ce que nous ressentons, vivons, lorsque nous subissons les coïts et les effets du coït. Ça nous empêche d’identifier ce qu’on subit comme étant préjudiciable pour noues, au moment où on le subit. ça nous empêche donc d’avoir conscience qu’on subit des violences; et donc de nous en protéger, de fuir, de préserver nos intérêts, d’exprimer la violence, notre réalité etc. ça colonise notre conscience. C’est fait exprès: pour qu’on continue de subir, pour qu’on ne s’échappe pas – car là-dessus repose la domination des hommes sur noues. donc les sensations de peur (ou autre) qu’on peut ressentir avant, pendant ou après nous paraissent insensés, sidérants. Le silence absolu sur notre réalité, en plus de l’inversion de la culpabilité sur les femmes, fait que l’on se retrouve dans un isolement total, et la seule option qui noues reste c’est de s’accuser soi-même de se sentir mal. Ces sensations sont intolérables, alors on essaie de les oublier à tout prix ou de faire comme s’ils n’existaient pas car rien ne vient cfndirmer notre réalité.

Donc, je résume. L’idée que le coït c’est de la sexualité est un sordide mensonge, une arnaque absolue. Les hommes méprisent les femmes précisément parce qu’ils savent que ce qu’ils font aux femmes, c’est à dire les pénétrer avec leur pénis, c’est les mépriser, et jamais ils ne voudraient que l’on leur fasse la même chose. Ils méprisent les femmes pour subir ce que jamais eux n’accepteraient de subir, en tant que sujets dans le patriarcat. D’ailleurs, il suffit de faire un tour dans leur langage: ils sont très clairs sur le fait que l’acte de pénétrer une femme c’est l’humilier, la dominer, c’est l’insulter, l’arnaquer, la « baiser » – c’est bien pour cela que c’est une insulte de le dire à un homme, qui n’est pas sensé être pénétré. Il ne fait aucun doute que le coït n’est pas pour les femmes, ou un échange intime et amoureux avec une femme, mais contre les femmes et pour les hommes, les pénétrants.

Croire qu’on peut distinguer entre des coïts désirés et des coïts-viols est illusoire; la réalité est qu’AUCUNE femme ne désirerait un coït dans un état de non-colonisation par les hommes et de lavage de cerveau qui nous dissocie de notre vécu et de la pleine conscience des conséquences du coït sur noues. En d’autres termes, AUCUNE femme n’accepterait de pratiquer le coït de façon récréative, juste comme ça, étant pleinement éclairée et consciente des conséquences du coït sur notre santé et notre intégrité, le risque à prendre étant bien trop énorme, pour des gains au mieux totalement inutiles (la reproduction – il suffit que le sperme soit déposé sur la vulve – ou le plaisir, lorsqu’il est présent – pouvant se remplacer par toute autre manière de stimuler le clitoris, qui, je rappelle, est l’UNIQUE source d’excitation génitale). ça nous paraîtrait complètement aberrant, insensé et suicidaire de nous infliger cela, en fait ça ne nous viendrait même pas à l’esprit.

Le coït, par définition, détruit les femmes, est violent (et au mieux inutilement invasif et intrusif si c’est dans un but reproductif), est imposé à toutes les femmes par des années de dressage à l’hétérosexualité dès la naissance et l’élimination de toute alternative, la violence psychologique et toutes les autres formes de violence: c’est donc un viol, par définition. Certains actes, comme par exemple couper les cheveux de quelqu’un, peuvent être violents ou pas violents selon le contexte dans lequel c’est fait, c’est à dire selon si la personne dont les cheveux sont coupés l’a demandé ou subi, contre son gré. Mais ce n’est pas le cas du coït, dont le préjudice est inhérent pour les femmes, quel que soit le contexte, qu’il soit en apparence voulu ou non-voulu par la femme. Comme pour le coup de poing ou le coup de couteau, le coït est à considérer comme une infraction et une atteinte sur autrui de la part de celui qui l’inflige, c’est à dire de l’homme.

Je suis consciente que c’est impensable pour la plupart d’entre noues de dire cela, mais c’est d’une logique absolue.

Voir aussi ses autres articles de FCM sur le sujet (y’en a plein d’autres, mais en voici des échantillons):

http://factcheckme.wordpress.com/its-the-trauma-bonding-talking/

http://factcheckme.wordpress.com/the-intercourse-series/

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23 commentaires pour Le coït, une aberration totale (sauf si on regarde sa fonction dans le patriarcat)

  1. elihah dit :

    Absolument logique et imparable.
    Pour bcp d’hommes hétéros l’humiliation absolue est d’être pénétré (analement), donc pénétrer = humilier, qqes soient les sentiments qu’ils ont pour leur partenaire femme.
    Par ailleurs, jouer explicitement sur la peur de la grossesse, jusqu’à la génération de ma mère, c’était d’un banal… encore maintenant ce type de pensée est agissant mais non explicite…

  2. Morrisssette dit :

    LOL

  3. Je sens bien que ce qui est dit ici dérangera et qu’on pensera l’auteure dérangée. Mais je souscris assez viscéralement à l’ensemble.

  4. Pinkie pie dit :

    Ca m’étonnerait que le plaisir clitoridien puisse remplacer un jour ce que je ressens avec la pénétration mais bon, j’imagine que je suis complétement dominée par le système patriarcal et que c’est pour ça que j’aime ça.

  5. Shetty dit :

    Pas d’accord du tout. Je suis une femme hétéro et si il y a bien une chose que je sais c’est que le coït fait, pour moi, partie de la sexualité- une partie seulement. Il y a bien d’autres façon de trouver son plaisir entre partenaires hétérosexuels, mais je ne peux pas nier que j’ai souvent envie d’un coït, pour le plaisir physique qu’il procure, et sans avoir particulièrement peur. Ni de la grossesse ni de la contraception. Donc parler en terme de généralité est faux : je ne me reconnais pas du tout dans vos propos. Ni dans votre « nous les femmes ». la contraception a libéré une partie des femmes, celles qui aiment le coït pour leur propre plaisir, même si elle a put oppresser une autre partie. Et d’autre part je connais beaucoup de mâles hétéros qui ne nient pas leur plaisir anal.

  6. Cafe dit :

    C’était drole :).

  7. aginva dit :

    J’ai approuvé ces deux derniers commentaires uniquement pour y répondre une fois pour toutes, mais je n’en approuverai pas d’autres du même style. J’aimerais à l’avenir que les commentaires adressent directement le contenu de l’article et fassent avancer le débat.

    L’idée que présentée est 1. « moi j’aime ça » et 2. « Je n’ai pas peur ». 3. « la pénétration peut faire plaisir ».
    A « moi j’aime ça »
    Si vous me relisez, je ne nie pas que le coït puisse apporter du plaisir. Le coït peut effectivement générer une excitation génitale. Deuxièmement, que l’on ressente du plaisir ou non dans le coït n’a aucune incidence sur le fait que le coït soit préjudiciable pour les femmes. Des préjudices qui sont spécifiques aux femmes, et uniquement infligeables par les hommes, en insérant leur pénis dans le vagin. Ces préjudices incluent: grossesse non-désirée, avortement, complications liées aux deux (qui peuvent mener à l’handicap voire la mort), accouchements, la prise de médicaments nocifs voire dangereux et mêmes mortels (pilule, implant, stérilet cuivre et hormonal). Le simple risque de subir ces préjudices, même si par très très grande on y a échappé, est déjà un préjudice, car ça induit du stress, la nécessité de changer ses pensées pour réduire le stress.

    Le fait est que l’on ne prendrait jamais ces risques, même si le coït nous donnait du plaisir, si on n’était pas colonisées par la perspectives des hommes, perspective qui nous fait croire que c’est sans conséquences, ou que les conséquences négatives (ci-dessus) sont naturelles, et que l’on doit faire avec, comme si on pouvait pas juste arrêter le coït. Ces conséquences n’ont rien de naturel, parce que le coït comme pratique récréative est dangereux et intentionnellement destructeur pour les femmes, et le coït n’a rien de naturel, c’est imposé par les hommes depuis des millénaires.

  8. aginva dit :

    Le coït ne peut donc être une sexualité « récréative » pour une femme dans la mesure où ça nous détruit, c’est à dire que c’est préjudiciable et que ça endommage gravement notre santé. Le fait que l’on ne perçoive pas ces risques comme injustes, aberrants, signe que l’on devrait cesser immédiatement, c’est parce qu’il y a une colonisation de la pensée, ou en d’autres termes, une pression sociale (les hommes) qui font que l’on voit les choses du point de vue des hommes (que le coït est du plaisir sans conséquences) et que l’on nie, efface, chasse notre perspective et notre réalité qui est que le coït nous nuit.

  9. aginva dit :

    Là encore, sur la question de peur; que l’on soit consciente ou non de la peur ou du stress, ne change en rien les prémisses expliquées ci-dessus

  10. aginva dit :

    Pour finir, sur le plaisir: je maintiens que tout plaisir vaginal provient quand-même du clitoris, car le seul organe d’excitation sexuelle / génitale chez les femmes est le clitoris. La pénétration stimule le CLITORIS. d’où le plaisir.
    Mais cette question, même importante, est réellement secondaire au fait que le coït soit dangereux et aberrant pour les femmes.
    Je ne parle pas ici de toutes les formes de pénétrations, mais bien UNIQUEMENT de la pénétration du pénis dans le vagin. Et je dis que la pénétration du pénis dans le vagin n’est même pas défendable d’un point de reproductif, car elle n’est pas nécessaire pour la fécondation. Le fait de déposer du sperme sur la vulve suffit à féconder.

  11. aginva dit :

    Je me permets de publier le commentaire d’une personne qui me l’a envoyée en MP:

    une chose, dans la ligne argumentative. Je trouve que l’ordre logique dans ta présentation lors de notre discussion chez ******** était plus pertinente.

    à savoir :
    non pas

    1) inégalité biologique (« cette pratique est donc nécessairement et biologiquement inégalitaire, oppressive et dommageable pour les femmes. ») > aberration pour les femmes

    mais

    2) aberration pour les femmes (« you see, there is not a man in the entire world, if the risks of intercourse applied to men, who would ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, EVER choose to engage in it for pleasures sake. never ») > c’est pas elles qui maîtrisent les codes sexuels > arnaque masculine.

    Je pense que c’est très dangereux de relayer le discours naturaliste sur les « inégalités » biologiques entre hommes et femmes.
    Outre que c’est faux (il n’existe pas d’inégalités naturelles, il existe des fonctionnements différents qui sont interprétés par les pratiques sociales), ça a des effets de désespoir immédiats sur les femmes (car dans le paradigme naturaliste actuel, biologie = destin, indépassable) donc de défense de leur part. C’est déjà le réflexe immédiat de toute pensée commune que de passer du constat des inégalités à l’interprétation de leur cause en termes de nature (c’est pour ça qu’on accuse tout le temps les féministes radicales d’être essentialistes quand elles parlent de deux classes), alors si en plus on le dit comme tel, c’est carrément pas stratégique (ni vrai, la biologie ne détermine pas les pratiques sociales. On pourrait très bien construire une société non-égalitaire sur ces fondements biologiques qui déterminerait le coït à être un acte sacré, que chaque homme aurait le droit de faire une fois dans sa vie pour participer à l’Oeuvre de Civilisation des Mères, participation pour laquel il serait élevé toute sa vie, et s’il se foire (ne parvient pas à féconder), il est littéralement jeté socialement, devenu paria, à prostituer sur des scènes de Lap-Dance, où d’autres parias répèteraient sans fin le geste de sa déchéance, en lui encapuchonnant le sexe d’un bonnet d’Âne 🙂 …).

    __________

    Je pense que tu peux dire la même chose mais en changeant la ligne argumentative :

    aberration pour les femmes > c’est pas elles qui maîtrisent les codes sexuels > arnaque masculine.

    * en remontant presque au début l’argument du « les femmes spontanément n’auraient jamais une sexualité de plaisir qui implique le risque de grossesse » = argument logique

    * en ajoutant très vite :
    + 1) les organes sexuels des femmes ne sont pas les « organes génitaux » (vagin et utérus). Cette vision est de l’androcentrisme pur, car chez les hommes fonction génitale et fonction sexuelle sont réunies dans le pénis. Or pour les femmes, les organes de plaisir sont le clitoris et les nymphes … Une sexualité faites par et pour les femmes par définition n’implique pas la pénétration. (citer aussi Ann Koedt & Christiane Rochefort sur le mythe de l’orgasme vaginal)

    + 2) pas besoin de pénétration profonde pour la fécondation

    ===> 1) + 2)
    = donc alibi sociobiologique de la sexualité dérivée de la reproduction de l’espèce ne tient pas.
    > Il faut bien en déduire une intervention humaine, une décision sociale.
    > Or a) qui a les moyens de décider et imposer à autrui ses pratiques ? qui détient les moyens de production du savoir et d’organisation des pratiques sociales ? & là on cite Paola Tabet
    > & à qui ça bénéficie (les hommes ne risquent rien + colonisation …. & là on cite Andrea Dworkin)

    ======> coït
    #Arnaque_Masculiniste !

    ___________

    Dernière chose sur les références :

    – Christine a magnifiquement dit ce que tu dis en exergue dans un article :
    http://www.feministes-radicales.org/2013/03/07/comment-nous-en-venons-a-avorter/

    « La « révolution sexuelle » empêche les femmes de dire non, mais ne leur donne pas les moyens de dire oui ».
    – Ne jamais perdre une occasion de citer Andrea Dworkin, (et de rappeler qu’elle vient d’être traduite en FR !!)
    cette critique de la révolution sexuelle à partir de la politique de la pillule, on la trouve dans un chapitre de RWW : http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/RightWingWomenAbortion.html

    – de même Sheila Jeffreys :

    Jeffreys, Sheila. Anticlimax : a feminist perspective on the sexual revolution. Washington Square, N.Y. : New York University Press, 1991.

    – sur la violence systémique des hommes tu peux aussi rappeler avec Paola Tabet l’article précieux de Jalna Hanmer ( http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/03/Jalna-Hanmer-Violence-et-contrôle-social-des-femmes-1977-Copie.pdf)

    & surtout, le shéma explicatif de l’absurdité du système réalisé en 1457 par Jeanne d’Arc

    http://www.feministes-radicales.org/2010/11/26/lheterosexualite/

    🙂 !!

  12. aginva dit :

    Ce à quoi j’ai répondu: Merci pour les commentaires! C’est très intéressant, mais c’est mieux si tu les publies sur ton blog ou mieux encore, que tu l’envoies en commentaire à l’article, c’est plus intéressant pour celles qui lisent quand il y a un débat à la suite de l’article, ça permet de partager le fil de réflexion.

    Quand à l’argumentation « inégalité biologique », j’ai l’impression que tu déformes quand-même ce que je dis – je comprends d’où tu viens et que par conséquent le mot « biologique » en lui même, quel que soit le contexte, puisse être immédiatement entendu comme « inégalité biologique », mais je dis bien (et je le réaffirme) que le coït (comme pratique sociale, imposée par les hommes) est biologiquement inégalitaire. EN d’autres termes, le bimorphisme sexuel des humains rend la pratique du coït une pratique inégalitaire – une pratique de violence de l’un contre l’autre. Et comme j’affirme que le coït n’a aucun lieu d’être, que c’est imposé par les hommes et que c’est une aberration, que c’est justement PAS le destin des femmes, c’est bien affirmer l’inverse que l’inégalité femme-homme est biologique. on peut toujours remplacer par le mot nécessairement, car ça traduit la même idée, que rien ne peut changer le fait que le coït soit inégalitaire. En tous cas s’il y a des femmes qui réagissent mal, je pourrai toujours leur expliquer.

  13. aginva dit :

    RAPPEL: Les femmes risquent gros dans le coït. Les hommes ne risquent rien. Ce sont les hommes qui déterminent les pratiques sociales en fonction de leur propre intérêt dans ce monde. Ils ont les moyens de l’imposer, collectivement (institutions, médias, culture, propagande hétérosexuelle etc) et individuellement (chantages (y compris affectifs) violences, etc.).
    Le coït bénéficie aux hommes, car c’est ce qui leur permet d’avoir un contrôle sur la reproduction de la vie humaine, contrôle qu’ils n’auraient pas autrement car les hommes n’ont pas la capacité de reproduire.

  14. aginva dit :

    Ceci est aussi intéressant: extrait de « the gears »
    http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#stress
    « — Normalize reproductive stress and pain. This sub-theme normalizes PIV-centric sexuality by normalizing and invisiblizing female-specific reproductive harm, namely, trauma bonding from intercourse, unwanted pregnancy, and pain and stress arising from pregnancy-prevention methods; and invisiblizing the fact that these harms would not exist outside the PIV-as-sex paradigm, where intercourse was only used where the woman desired to become pregnant, and where “sex” for pleasure’s sake alone would only be found elsewhere, and never from PIV. In reality, PIV-as-sex is a construct, and neither natural nor inevitable, and the harms to women which flow from PIV aren’t natural or inevitable either. Where the harms to women of intercourse are made invisible, we are left with the image of PIV as sexy funtime or as stress-relief without physical or emotional complications and consequences (or stress!) but in reality, this is a male-centric perspective only. For women, for the entirety of our reproductive lives, the fantasy of stress free, harmless PIV is just a fantasy: it’s simply not true.

    Included are uncomfortable discussions about “sex,” birth control, or going on “the Pill”; missed periods, pregnancy scares and pregnancy tests; vaginal or urinary tract infections or STDs; and female-bonding over any of the above; unwanted/unexpected pregnancies, miscarriages and abortions; not knowing “who the father is” or becoming unwillingly impregnated through an affair; having too many children to easily care for; “change of life” babies; tubal ligation or permanent or painful contraception/sterilization procedures; and making all of this female stress and pain seem normal, and inevitable. e.g. “it’s time for me to go on the Pill.” Also included are keeping fertility-related secrets, including keeping possible pregnancies secret from the man “until you’re sure” so as “not to worry him”.

    The plight of the “accidental impregnator” is also normalized — and the harms to women invisiblized and made to seem inevitable or unavoidable — where boys and men are shown to experience stress over possibly causing an unwanted pregnancy; but more often we see boys and men celebrating impregnating an unwilling woman, e.g. “My boys can swim!” The effect is the same — to normalize women’s reproductive stress and pain, to make it seem like it’s no big deal, or completely reversing it and making it seem positive when it’s not. »

  15. aginva dit :

    Dans deux jours les commentaires seront fermés.

  16. Coup de poing et très intéressant. As-tu lu Peggy Sastre? Notamment « Ex utero. Pour en finir avec le féminisme ». De mémoire: « Les femmes se sont bien fait mettre par l’évolution ».

    • aginva dit :

      Je ne connais pas, est-ce en relation avec ce qui est dit avec l’article? Que dit-elle, en quelques mots? Merci

    • C’est une scientifique.Elle analyse la sexualité de la femme à l’aune du prisme biologique et de l’évolution. Il est question de gènes, de corps et de comportements. Elle pose la question « Les femmes feront-elles quelque chose de leur vie tant qu’elles auront un utérus? ». Apparemment pas vraiment. Beaucoup d’entraves (des siècles de pensée patriarcale, une méconnaissance de son corps, la peur du viol, … enfin bon là je ne rends pas vraiment justice). D’où l’idée de l' »ex-utero », l’idée d’un utérus artificiel, « faire un bébé dans un bocal », qui rendrait aux femmes la liberté de leur corps. En TRÈS GROS.
      Voilà. Je ne pense pas qu’elle te rejoint (ou te rejoindrait) sur l’idée que le coït ne peut pas être une activité récréative. Si tu acceptes qu’il procure du plaisir (bien que le plaisir max appartienne au clito), tu ne peux pas nier que le coït sera recherché! Tu inclus, me semble-t-il, systématiquement la violence dans la rencontre des corps. Alors que bon. Pas du tout en ce qui me concerne (et chez pas mal de femmes aussi) (et pas mal d’hommes ont pas mal de mal à devoir endosser ce rôle de virilité que le « patriarcat » veut leur faire endosser). Et que fais-tu des homosexuelles qui coïtent, qui se pénètrent? Que fais-tu des homosexuels qui se pénètrent aussi (alors que la domination masculine, pour le coup, ils n’en ont rien à cirer)? Là, le coït est recherché (et il rencontre un certain succès) ^^

    • aginva dit :

      Ok, merci pour ta réponse!

      Que fais-je des autres pénétrations? Rien. Ce n’est pas le sujet de l’article. J’en ai une opinion bien-sûr, que je pourrai développer plus tard, car la pénétration a un sens social fort dans le patriarcat. Mais ici, il s’agit UNIQUEMENT du PENIS dans le VAGIN et de ses conséquences sur les femmes. Je ne parle d’aucune autre forme de pénétration. Les autres formes de pénétrations ne m’intéressent pas dans le cadre de cet article.

      D’ailleurs on devrait faire comme les américaines, appeler le coït PDV (pour Pénis Dans Vagin) pour qu’elle n’y ait pas de confusion sur le sujet.

      L’objectif de l’article c’est de discuter ce que ça veut dire pour les femmes de vivre dans une culture de viol, et plus précisément dans une culture où les hommes mettent régulièrement leurs pénis dans les vagins des femmes, c’est à dire où le PdV est quasi-obligatoire comme pratique « hétérosexuelle », étant donné les conséquences qu’ont le PdV sur les femmes. Et de réfléchir à pourquoi c’est si naturalisé, obligatoire, supposément essentiel, alors que ça détruit notre santé et notre intégrité (par les conséquences). Parce que ça a un sens et une fonction

  17. elihah dit :

    Oui enfin P.Sastre c’est quand même pas une référence pour moi
    Voir
    http://www.crepegeorgette.com/2009/09/07/critique-de-peggy-sastre-ulcere-inside/
    et sa position sur la prostitution et les abos.. (merci le Strass..)
    confer là
    http://www.mediacoop.ca/blog/comit%C3%A9-abolitionniste-francophone/16736
    Donc Peggy Sastre, sans moi.

  18. arbobo dit :

    bonsoir,
    il m’a bien fait cogiter cet article, et les commentaires aussi 🙂

    à la réflexion je m’aperçois que je suis plus d’accord avec la conclusion principale, qu’avec les arguments choisis ici, sans doute pour des divergences théoriques (on ne place pas le curseur domination sociale/autonomie de l’individu au même endroit, un peu comme quand on distingue en socio de la culture l’école de Francfort où les masses sont entièrement manipulées par les médias, et les écoles « critiques » où le système nous manipule certes mais de manière un peu moins unilatérale ou transitive directe, désolé pour la comparaison décalée mais j’utilise ce que je connais pour expliciter en quoi nous sommes sur des positions théoriques un peu différentes quoi pas si éloignées que ça).
    bref, ce que j’en ai retiré est là, puisque c’est CatNatt qui m’a fait lire cet article :
    http://www.lesanneesje.heavencanwait.fr/2013/03/le-coit-une-aberration-totale-vraiment/

  19. orakzai dit :

    Andrea Dworkin dit dans son livre  » Our Blood  » que quelque chose d’aussi compulsif ne peut être agréable et que le coït comme extase ultime ( pour les hommes en l’ocurrence ) est un mythe perpétué par la pornographie
    Ces derniers s’y adonnent mécaniquement car ils ont appris que c’est quelque chose qui DOIT être fait dès lors qu’ils sont en présence d’une femme, que c’est COMME CA que l’on fait avec elle et pas autremement, que la séquence doit être conclue ainsi.
    Le plaisir est un langage visant à rendre sensible le bien qu’est la vie ( la sienne et celle de l’autre )et pour moi on communique cela davantage avec la bouche et les mains ( mais ce langage est la plupart du temps falsifié avec les hommes) qu’avec cette étrange entité qu’est le coït.

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