FEMEN : Cessons de nous déshumaniser !

Publié dans A dire d’elles de Sandrine Goldschmidt. Merci à elle!

En tant que féministes, nous avons un devoir de décrypter les pièges patriarcaux, inversions et mécanismes d’oppression subtils qui nous conduisent, malgré notre sincère volonté, à renforcer notre mise en danger face à l’agression sexiste. Ainsi, lorsque nous critiquons les lignes politiques de groupes féministes, ce n’est pas un jugement moral sur les « choix individuels » des personnes mais la dénonciation des méthodes des agresseurs, qui impriment leurs idéologies haineuses dans nos consciences par un tas de moyens complexes, pour mieux maintenir leur emprise sur nous. Nous critiquons ces mécanismes par profonde empathie pour toutes les femmes et nous comprenons plus que quiconque les effets dévastateurs de la domination et de l’aliénation sur nous. Pour décoloniser nos consciences, il est fondamental d’analyser comment nous intériorisons la domination et la haine des hommes au plan individuel, et comment nos pensées, émotions, actes et choix individuels sont déterminés par notre condition dans le patriarcat.

Depuis le déchaînement antiféministe orchestré par les industries pornographiques et proxénètes, en particulier à partir des années 70, le patriarcat s’est assuré par tous les moyens que la seule chose qui passe pour féministe aux yeux et aux oreilles des jeunes femmes soit une image totalement pornifiée de nos luttes. Alors qu’il y a un silence de mort à la fois sur les mouvements féministes qui combattent pour faire cesser ces violences, et les atrocités commises sur les femmes par les hommes, les seuls évènements que relaient les médias sont des actions de femmes qui reprennent les insultes misogynes, comportements ou stigmates de notre oppression. En d’autre termes, si les journalistes parlent de la lutte des femmes, c’est pour que les hommes puissent se masturber dessus – une des stratégies antiféministes les plus utilisées actuellement pour humilier notre mouvement et nous déshumaniser publiquement.

Voici que récemment, les journalistes ont relayé une action organisée par le groupe ukrainien FEMEN, qui vient de s’implanter à Paris, au Lavoir Moderne Parisien. Ce groupe, qui se présente comme féministe et anti-prostitution, estexactement ce que recherchent les journaux pour leur propagande sexiste – des jeunes femmes, conformes aux normes pornos (épilées, rasées, minces), seins nus, slogans écrits sur leur corps et reprenant des postures pornifiées, manifestant ainsi contre « les dictatures, l’exploitation sexuelle et la religion. ». Lacampagne de recrutement de FEMEN, tel un racolage pour une boîte de strip-tease et une communication internet digne d’un magasine porno, ordonne ainsi aux femmes: « françaises, déshabillez-vous ». Derrière cette injonction virile et agressive, une reprise du slogan républicain « nudité, lutte, liberté », et les couleurs nationalistes bleu-blanc-rouges sur trois femmes nues se touchant le sexe – un degré de sexisme et de militarisme hallucinant.

Une priorité : nous réhumaniser

Leur programme est tout aussi alarmant. Elles disent être des « terroristes », et « prônent le « sextremisme », un « terrorisme pacifique qui utilise les corps comme armes ». Le Lavoir Moderne parisien sera « son camp d’entraînement international, pour les féministes, les femmes activistes. Elles seront entraînées à être des soldates, à mener le combat contre le patriarcat ».Y seront dispensés des entraînements physiques, mentaux, tactiques. » (les nouvelles news). Une autre membre de FEMEN commente : «  »La femme nue fait peur. En enlevant nos tee-shirts, nous dénonçons le système machiste de manière bien plus efficace que si nous prononcions de beaux discours. » (Le journal du dimanche)

Alors que le féminisme devrait avoir pour priorité notre protection et notre réhumanisation, il est triste de constater à quel point les méthodes de FEMEN exposent les militantes à des violences accrues, sans même atteindre le pouvoir à sa surface. Seule l’emprise et la dissociation extrême vécue par les femmes victimes de violences sexuelles (nous toutes, à divers degrés) peuvent expliquer une telle mise en danger de soi, de façon aussi improductive et désespérée. Quel terroriste un tant soit peu stratégique s’exposerait nu devant les photographes pour que son visage soit diffusé à chaque action ? Ensuite, utiliser son seul corps comme arme ? Aucun soldat ne partirait au front ainsi désarmé, à moins d’être dépouillé. Et en ce qui concerne la violence sexiste, seuls les hommes ont la capacité de disposer de leur corps comme arme, en utilisant leur pénis comme instrument de destruction massive des femmes. Dire que se livrer aux dominants par la nudité est un signe de puissance est une pure inversion de la réalité.

Que peuvent attaquer ces femmes en se rendant nues aux journalistes ? Certainement pas les industries du viol, pas même les institutions patriarcales et militaires, ni les agresseurs et criminels qui marchent de concert sur des millions de mortes. Ici, la seule violence est contre les femmes elles-mêmes, qui ne s’arment pas mais se transforment en chair à canon sous les armes des hommes.

Alors que les hommes peuvent déterminer leur nudité comme signe d’humanité, de lien à dieu et de force naturelle, dans le patriarcat la nudité des femmes signifie automatiquement « permis de violer », ‘chose à disposition des hommes’, cadavre, cible porno à souiller, pilonner, violer et brutaliser. Comme dit Binka, la haine virile a pour particularité d’être gravée à même notre corps :

« Toute oppression est fondée sur la déshumanisation, la rupture du lien de réciprocité, d’empathie, qui aurait pu exister du dominant vers l’opprimé. Mais le sexisme est une oppression spécifique. Nous sommes donc déshumanisées de manière spécifique : nous sommes incarcérées dans un « corps », refermé sur nous comme un cachot au point que pas une lueur de présence humaine, d’alter-ego, n’en émane du point de vue dominant. Et ce « corps-femme » n’a qu’une seule signification : « fait pour l’usage dominant ». Or cet usage est sexiste, ça veut dire qu’il détruit notre intégrité de manière spécifique : par le viol, la violation de ce cachot, pour ne nous laisser aucun espace de repli psychique […] Nous sommes transformées en une chose […] dans la conscience dominante des hommes, un artéfact de leur domination qui leur répète « J’existe pour toi, tu peux user de moi sans limite, aucun usage n’est un abus » (c’est ce que signifie être une chose). »

Et comme cette violence sexuelle et cette chosification des femmes passe par l’excitation sexuelle des hommes, et que notre nudité leur siginifie « permis de violer », les hommes associent immédiatement « femme nue » à excitation sexuelle, ce qui leur permet de rationnaliser leurs violences sexistes comme « sexe ». D’où la futilité totale de reprendre les mécanismes qu’eux mêmes utilisent pour légitimer leurs violences, puisque plutôt que de susciter la peur et le repli des agresseurs, le type d’actions comme celles de FEMEN ne fait que confirmer aux hommes notre statut de subordonnées et ne leur offre qu’une possibilité de plus de nous chosifier.

Face à un phénomène aussi massif par lequel les industries pornographiques ont investi tous les moyens de communication moderne, il est naïf de penser que nos mouvements sociaux ne sont pas sous influence de ces puissances multimilliardaires et en particulier leur appel incessant à la surenchère aux violences sexuelles, vendue aux femmes comme « libération sexuelle ». On nous assène de messages que la honte et le dégoût de soi en tant que femme ne proviendrait pas des violences des hommes mais seulement d’une société puritaine qui nous empêcherait d’assumer les pratiques « libératrices » qu’ils nous imposent (pornographie, striptease, insultes, « slutwalks », BDSM, prostitution…). Alors pour être libres sexuellement, il suffirait d’en faire plus, d’embrasser ces pratiques avilissantes jusqu’au bout, de les assumer fièrement. « Montre-leur que ton corps n’est pas honteux : de gré ou de force, tu le feras, alors autant que tu assumes »  est le message principal. Celui-ci n’a qu’un seul but : instrumentaliser notre quête désespérée à la reconnaissance pour nous pousser à la surenchère dans leurs violences sexuelles masculines. C’est un sinistre piège, car ce que nous obtenons finalement est un gouffre sans fin de violences sexuelles.

Si vous n’avez pas envie de vous déshabiller pour la prochaine manif, sachez que vous n’êtes pas les seules, que nous sommes nombreuses à penser que ce n’est pas féministe.

Reprendre les codes porno et se dénuder pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes ne produit que davantage de haine sexiste contre nous. Nous ne pouvons « récupérer » la nudité dans l’objectif d’attaquer le pouvoir des hommes car ils ont fait de notre nudité la marque de notre statut d’opprimées, notre étoile jaune. Et l’on ne change pas un rapport de force en exhibant les stigmates que les dominants ont eux-mêmes crées pour nous opprimer. Les armes des dominants, les marques de notre déshumanisation que les hommes ont conçu pour nous détruire ne peuvent quese retourner contre nous, ils ne sont pas réversibles dans le contexte patriarcal. « Car ce sont les hommes, en tant que caste dominante, qui monopolisent tous les canaux de propagande et toutes les armes qu’ils braquent sur nous (armes à feu, argent, propriétés et viol) » (Binka).

Nous ne pourrons détruire le pouvoir des hommes qu’en l’attaquant par sa source, c’est à dire par les violences masculines sexuelles qui font de nous leur cible porno. Nous libérer ne peut en aucun cas passer par le jeu de massacre, le défi lancé par les industries pornographiques mondialisées. Notre mouvement doit détruire les moyens des hommes de contrôler le monde dans lequel nous vivons, depuis la perception de nous-mêmes jusqu’à nos moyens de lutte.

Cessons de déshumaniser nos luttes.

A Ginva

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ALERTE FÉMINISTE: PROFESSEUR ASSASSIN EN LIBERTÉ

Je diffuse l’appel que j’ai reçu ce soir:

Le 9 avril passé, Martin Manrique Mansour a assassiné Cécile Denise Acosta Reynaud avec uneimmense cruauté. Cécile était citoyenne méxico-francaise, vivait en Inde, et avait une petite fillede 6 ans dont le père voulait la garde. Il l’a démembré, l’a mise dans une valise et y a mis le feu. Atravers ses déclarations qui donnaient des détails sur l’état du corps de Cécile, que seul l’assassinpouvait connaître, Martin Manrique avouait son crime. Le mobile de son acte peut être clairementidentifié ainsi que les différentes formes de violence exercées contre Cécile antérieurement.Malgré cela, Martin Manrique, principal inculpé dans l’affaire, a réussi à être libéré sous caution le24 juillet.

La famille Manrique a una influence notable dans les hautes sphères du pouvoir méxicain. Nous sommes une fois de plus face à une impunité totale dans un cas d’assassinat de femme.

Nous voulons alérter toutes les femmes du monde, qu’une fois de plus, un assassin de femmes court librement dans les rues pour qu’elles prennent leurs propres mesures de sécurité. Nous sommes convaincues que la sécurité commence para la diffusion de l’information et de la photo de l’assassin.

On lance un appel à toutes les organisations et collectifs feministes pour qu’elles réalisent une action concrète dans leur localité pour dénoncer et mettre en lumière le meurte de Cécile Acosta de facon a rompre le silence qui s’impose toujours lors des assassinats de femmes.

Le silence est le complice idéal du féminicide (assassinats structurels de femmes), ainsi que tous les discours qui délégitiment la femme assassinée ou ceux qui la rendent responsable de son propre meurtre. L’alerte féministe peut nous servir d’instrument pour démonter tous les scénarios qui promeuvent le féminicide pour y mettre un terme.

Les féminicides NE sont PAS des cas isolés, exécutés par des fous. Il s’agit d’un système social qui permet, justifie et légitime les assassinats de femmes par des hommes dans le monde entier, qui commence par la violence quotidienne et le control du corps des femmes.

On tue Cécile chaque fois que les discours justifient ou minimisent la gravité politique de son meurte, et chaque fois que sa voix n’est pas écoutée.

La violence masculine qui tue les femmes est un problème politique. Le féminicide est la forme qui permet littéralement de nous faire disparaître de l’histoire, de passer sous silence nos voix, et de nier notre autonomie et liberté.

CÉCILE VIT DANS NOTRE MÉMOIRE
PAS D’OUBLI, DE SILENCE, NI DE PARDON
NOUS SOMMES TOUTES CÉCILE

Collectif Ali Somos Todas

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L’horreur que vivent les femmes dans le quartier de Saint Jacques à Perpignan

Ci-dessous, une émission de France-Culture, « les Gitanes de Saint Jacques« , où la journaliste interviewe quelques femmes Gitanes et leur pose des questions sur leurs conditions de vie. Je suis abasourdie par l’horreur des violences qu’elles subissent, l’ubiquité de ces violences dans leur communauté et la banalité par laquelle les hommes commettent ces crimes.

Ces femmes sont séquestrées, torturées et violées par leurs maris sur une durée et par un degré tel qui dépasse de loin les définitions minimales de la torture de guerre. Les témoignages de ces femmes nous apportent les preuves accablantes d’une urgence humanitaire. Plus accablant encore, l’émission inclut les mots des criminels eux-mêmes avouant leurs crimes – qu’ils décrivent avec avec une nonchalance déconcertante, avec fierté et la certitude absolue d’être dans leur bon droit – ainsi que les idéologies de haine auxquelles ils recourent pour légitimer leurs actes. L’ampleur de leur impunité est hallucinante. Certains hommes ont même proféré, au micro, devant la journaliste en présence de leurs propres victimes, des menaces de mort:

« Si je te vois parler à un autre homme, je te tue ».

Quand avons-nous des preuves aussi irréfutables et publiques des intentions meurtrières d’un criminel? Cette phrase à elle-même devrait justifier d’un signalement en urgence suivi d’une intervention dans l’heure du parquet afin de protéger les victimes et d’un arrêt immédiat et sans appel des criminels. Je remercie les journalistes d’avoir réalisé cette enquête et d’avoir mis la lumière sur ce cette situation, mais où se situe la position éthique de France Culture sur cette situation? Où se trouve la mobilisation publique suite à la publication de cette émission?

Lorsque nous avons été informées de tels crimes, nous avons une obligation éthique d’agir pour cesser les violences. Que vont devenir les femmes victimes après avoir entendu ces menaces impunément proférées à la radio? Ces femmes sont en danger, je crains pour leur sécurité. Pas un mot n’est dit à leur sujet, y a-t-il des interventions prévues pour les aider à se mettre à l’abri du danger? L’absence de prise de position explicite de la part de France Culture envers les victimes durant l’émission est absolument immorale (je doute cependant que les journalistes aient la posibilité de se montrer ouvertement « militantes », un jugement dernier utilisé dans de nombreux secteurs par les supérieurs hiérarchiques qui peut valoir la censure de son travail, l’arrêt de son financement, un déplacement de mission voire un licenciement).

Quel effet cela a-t-il de faire la démonstration de ces horreurs en le présentant de manière « neutre » comme « phénomène de société »? Toute notion d’urgence humanitaire et d’horreur est étouffée dans un calme prétendument bien-pensant et progressiste, le sujet servant purement à nourrir la curiosité et le voyeurisme de certains spectateurs au lieu de mobiliser la responsabilité citoyenne et éthique de la société face à cette catastrophe humaine. Plus grave encore, ne pas afficher de position claire pour dénoncer les violences face à de tels témoignages relève de la complicité aux violences et de la complicité avec les maris bourreaux. Ne pas agir face à l’évidence du danger est un manquement à l’assistance de personnes en danger.

Pour finir, ce qui m’a frappé dans ces témoignages est que nous pouvons observer ici comment l’isolement et la marginalisation des Gitans profite directement aux hommes au sein de ce groupe qui bénéficient d’une emprise sur les femmes et d’une impunité décuplée (j’ai rarement entendu des menaces et des violences décrites aussi directement dans les médias mainstream par les victimes et agresseurs eux-mêmes, sans que ces violences soient érotisées ou pornifiées).

D’après ce que l’on peut en déduire des témoignages et de ce que l’on connaît du traitement des Gitanes en France, le racisme et la haine qu’elle subissent de l’extérieur, en plus du sexisme, laisse les femmes de la communauté discriminée à la merci de leurs agresseurs car il renforce l’isolement des femmes, les coupent des ressources basiques de survie comme l’accès aux soins, à l’aide sociale, à l’emploi ou aux réseaux sociaux extérieurs à leur communauté. Privées de recours possibles pour se protéger de la violence de leurs maris, elles ont encore moins de possibilités de fuir. Le racisme légitime même la cruauté extrême de ces hommes puisque mises dans le contexte Gitan, ces violences peuvent être perçues comme normales, les hommes étant considérés comme « archaïques » ou « barbares » – il est alors plus facile de rationnaliser: « pas d’urgence, c’est normal, c’est des Gitans ».

J’affiche donc publiquement mon soutien aux femmes victimes des hommes de cette communauté, j’honore leur courage de survivre dans ces conditions de terrorisme viril au quotidien et appelle à la solidarité envers elles. Ce sont nos soeurs.

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Réponse de Sheila Jeffreys au transactiviste Roz Kaveney: "Let us be free to debate transgenderism without being accused of ‘hate speech’"

Article tiré du Guardian

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/may/29/transgenderism-hate-speech?CMP=twt_gu

 

  • Sheila Jeffries
    • guardian.co.uk, Tuesday 29 May 2012 17.04 BST
Criticism of the practice of transgenderism is being censored as a result of a campaign of vilification by transgender activists of anyone who does not accept the new orthodoxy on this issue. A recent Comment is free piece by the transgender activist Roz Kaveney, headlined « Radical feminists are acting like a cult », criticises a forthcoming radical feminist conference, at which I was to be a speaker, on the grounds that I and « my supporters » may be guilty of « hate speech » for our political criticism of this practice.
Though Kaveney’s comments about me are comparatively mild in tone, the campaign by transgender activists in general is anything but. This particular campaign persuaded Conway Hall, the conference venue, to ban me from speaking on the grounds that I « foster hatred » and « actively discriminate ». On being asked to account for this, Conway Hall appeared to compare me to « David Irving the holocaust denier ». The proffered evidence consists of quotes from me arguing that transgender surgery should be considered a human rights violation – hardly evidence of hate speech.
For several years there has been a concerted campaign via the internet and on the ground, to ensure that I, and any other persons who have criticised transgenderism, from any academic discipline, are not given opportunities to speak in public. I have not yet spoken in public about transgenderism, but do speak about religion and women’s human rights, about pornography, and about beauty practices.
Whatever the topic of my presentation, and whether in Australia, the UK or the US, transgender activists bombard the organising group and the venue with emails accusing me of transhate, transphobia, hate speech, and seek to have me banned. On blogs, Facebook and Twitter they accuse me of wanting to « eliminate » transgendered persons, and they wish me dead. One activist has created an image of a pesticide can bearing a photo of me and the slogan « kills rad fems instantly ». These activists threaten demonstrations and placards against me at any venue where I speak.
What is clear is that transgender activists do not want any criticism of the practice to be made. They do not just target me, but the few other feminists who have ever been critical. Germaine Greer was glitterbombed, a practice that can be seen as assault and can endanger eyesight, in Sydney this year, though it is many years since she said anything critical of transgenderism.
Psychiatrists and sexologists who are critical of the practice are targeted too. Transgender activism was successful in gaining the cancellation of a London conference entitled Transgender: Time for Change, organised by the Royal College of Psychiatrists’ lesbian and gay special interest group for May 2011. When, in 2003, US sexologist Michael Bailey published a book, The Man Who Would Be Queen, which argued that transgenderism was a practice based on sexual fetishism, he became subject to a campaign of vilification, which included placing photographs of his children on a website with insulting captions. The effect is to scare off any researchers from touching the topic.
There are many aspects of the practice which bear investigation, including the history and social construction of the idea of transgenderism, the recent increased identification of children as transgender, the phenomenon of transgender regrets, that is those persons who consider they have made a mistake. Given that the drug and surgical treatments have now been normalised and are increasingly embarked upon by young lesbians and sought out by parents for young children, it is most important that the rights of researchers and theorists to comment and investigate should be protected.
Instead, they are subjected to determined campaigns of bullying, intimidation and attempts to shut them down. The degree of vituperation and the energy expended by the activists may suggest that they fear the practice of transgenderism could justifiably be subjected to criticism, and might not stand up to rigorous research and debate, if critics were allowed to speak out.
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Soutenons Sheila Jeffreys et radfem 2012

Chères soeurs, 
La communauté internationale des activistes transgenres ainsi que des masculinistes ont récemment déversé une campagne de haine contre l’organisation d’une conférence féministe radicale non-mixte qui aura lieu cet été à Londres: pour détruire notre mouvement et briser notre résistance, pour nous empêcher de penser et d’agir sur notre libération des hommes. 
Soutenus par des collectifs faux-féministes, LGBT ou libéraux au Royaume-Uni, ils attaquent notre droit humain fondamental au rassemblement et à la libre expression; la violence qu’ils déchaînent contre cet évènement, surtout sur internet, Twitter et la blogosphère, est inouïe et leurs stratégies visent à nous rappeler à l’ordre, à nous punir d’avoir organisé en non-mixité choisie et à terroriser toutes celles qui oseraient le faire à l’avenir. Ils ont appelé à boycotter l’évènement, proféré des menaces de mort à caractère génocidaire et diffamé de façon haineuse Sheila Jeffreys, une grande théoricienne féministe radicale britannique, pour l’empêcher d’intervenir à la conférence. 
Les activistes trans et queer persécutent Sheila Jefrreys depuis plusieurs décennies à cause de sa critique féministe du « transsexualisme » et de la politique queer, l’interdisant à intervenir dans des conférences du monde entier et la traînant publiquement dans la boue. Au Royaume-Uni, les lobbys trans ont réussi à faire imposer par le NUS (National Union of Students, le syndicat national des étudiants) une motion d’interdiction de tribune dans toutes les universités anglaises, quel que soit le sujet abordé. Pour cette raison elle a dû fuir le Royaume-Uni pour s’exiler et travailler en Australie (source anonyme). 
Il est grand temps d’apporter notre soutien à Sheila Jeffreys pour faire cesser ces persécutions criminelles et ubuesques. Nous ne devons pas la laisser seule face à ces masculinistes, ces attaques nous concernent toutes, elles visent à taire toutes les femmes et s’abattent contre toutes les féministes. Nous ne les laisserons pas voler notre conférence. Reculez, retirez-vous, vous insultez notre dignité!
La non-mixité choisie basée sur notre communauté d’expériences en tant que femmes opprimées par les hommes ainsi que la séparation des dominants est la condition sine qua non pour notre libération. Je cite Christine Delphy: 
La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’auto-émancipation. L’auto-émancipation, c’est la lutte par les opprimés pour les opprimés.

Je ne peux pas souligner à quel point cet évènement nous est important pour nos luttes féministes. En peu d’années de militantisme féministe, j’ai vu des collectifs, groupes, organisations, réunions, AG ou campements être détruits, sabotés, saccagés, infiltrés et occupés, encore et encore et encore, par des personnes qui défendent la haine des femmes. Notre droit de se réunir en tant que femmes qui dénonçons la violence des hommes contre nous est sans cesse assiégé. Nous ne pouvons dénoncer ouvertement les institutions des hommes et leurs méthodes pour nous démolir sans craindre la diffamation, les menaces ou même les attaques.

Cela suffit, l’impunité des hommes suffit. La facilité avec laquelle ils sapent le moindre exercice de notre humanité est révoltante. Ne les laissons plus ruiner nos rencontres, piétiner et ensevelir notre mouvement.
« If you were not powerful, they would not take you so seriously and they take you very, very seriously. You should, too. You can set the world on fire. »  Soraya Chemaly

 SOUTIEN A SHEILA JEFFREYS ET A LA CONFERENCE RADFEM 2012

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Reclaim the night, London 2009

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Est-ce que le sexe compte?

Je viens de lire ce post de Rancom, « gender matters« , citant Diane Richardson dans Radically Speaking qui répond aux critiques anti-essentialistes, et hier, j’ai lu ce texte de Sheila Jeffreys, « the need for revolutionary feminism » (1977) qui parle notamment de la reproduction comme étant un élément central à l’oppression des femmes.Tout ça ça m’a fait réfléchir.
Effectivement une critique que l’on entend souvent dans le but de décrédibiliser les féministes radicales c’est qu’elles seraient « essentialistes » parce qu’elles représenteraient les hommes comme des méchants oppresseurs et les femmes comme des pauvres victimes. 
Ce qui est impliqué déjà dans cette critique c’est que l’oppression des hommes sur les femmes ne serait pas réelle ni aussi systémique que l’on voudrait le faire croire, en gros que l’on exagère. Or le fait que les hommes collectivement et individuellement oppriment, persécutent et colonisent brutalement les femmes, et ce de manière unilatérale à travers le globe et depuis des millénaires, est un fait empirique (cf Diane Richardson).
Cette critique est aussi une sinistre inversion parce que ce sont les hommes qui en réalité utilisent massivement ces arguments déterministes et essentialistes pour expliquer comment les hommes sont agressifs par nature et les femmes dociles et serviables par nature, pour justifier et légitimer leur domination.
Justement les féministes radicales et matérialistes sont généralement les seules à affirmer que la différence anatomique et biologique des sexes en tant que telle n’est pas facteur d’oppression; seule l’organisation sociale de la hiérarchie entre hommes et femmes décidée par les hommes rend la différence sexuelle pertinente dans l’oppression (cf Christine Delphy et Nicole Claude Mathieu). 
Ce sont aussi les féministes qui ont inventé le concept de « genre » pour expliquer que les différences de comportements entre hommes et femmes étaient non pas innées mais socialement construites, par la force, la violence et le dressage. La féminité et la masculinité ne sont rien d’autre que les comportements de domination et de servitude mis en place par le système d’oppression.
De plus, comme le précise Diane Richardson dans son article, le fait que des femmes (et quelques hommes) aient résisté au système d’oppression par les hommes est une preuve en soi que nous ne sommes pas biologiquement déterminés à être subordonnées aux hommes. 
J’ajouterais même, le fait que hommes aient le besoin de recourir à la force et à la violence de façon permanente pour maintenir et reproduire leur système de domination est aussi une preuve à mon sens que cette domination n’est pas naturelle. Si la domination était naturelle, elle serait sans efforts, ils n’auraient pas besoin de nous y contraindre, et surtout, ils n’en auraient pas conscience. Or nous savons que leur violence est intentionnelle, nous savons qu’ils ont conscience de leur domination et du mode d’emploi de la domination (cf Nicole Claude Mathieu, « l’Anatomie Politique »), qu’ils mettent en place des stratégies pour dominer – et le fait même qu’ils organisent des représailles pour préserver leurs prérogatives le prouve. Et puis, je ne serais pas féministe radicale si je ne croyais pas que ça pouvait changer!
Bref, tout ça c’est communément admis, rien de nouveau là dedans. Le comportement de domination et de subordination n’a rien d’inné, il est imposé par la force et ce de manière intentionnelle et consciente. Où est-ce que je veux en venir?
Ma question est la suivante: est-ce que pour autant la différence anatomique entre hommes et femmes ne compte pas dans l’analyse féministe radicale? Non. Fermer les yeux sur la différence anatomique entre hommes et femmes et faire comme si cette différence n’aurait aucune incidence sur l’organisation de la vie sociale me paraît difficile. 
D’une part, la prise en compte de la biologie est cruciale ne serait-ce que pour pouvoir reconnaître le fait que les hommes utilisent bel et bien notre biologie – c’est à dire nos capacités reproductives qu’ils n’ont pas – pour nous opprimer. Comme le dit Sheila Jeffreys dans son article de 1977, c’est leur manipulation de notre biologie dans leur volonté de contrôler la reproduction qui constitue le mécanisme central de notre oppression et la spécificité de leur oppression contre nous, à l’inverse de toutes les autres oppressions. Pour que les hommes contrôlent la reproduction de la vie humaine, ils doivent contrôler les femmes, les rendre captives en les soumettant à des coïts à répétition pour ensuite en obtenir les « produits », c’est à dire les enfants. Pour nous réduire à ce statut de « femelle de l’humanité » et de « bétail à procréer des humains mâles », ils doivent mettre en place tout ce système de contrainte au coït et à la reproduction d’enfants forcée par le mariage, « l’hétérosexualité » (calqué sur le modèle du mariage) et la prostitution, et parallèlement en utilisant toutes les formes de violences possibles et imaginables (psychologiques, politiques, sociales, économiques, culturelles, physiques, sexuelles, divisions des tâches, esclavage, interdiction d’accès aux outils, à la culture, au savoir) pour briser notre résistance.
Si nous refusons d’analyser la manière dont les hommes manipulent notre biologie et érigent ce contrôle/cette manipulation en institution, nous ne pouvons comprendre pourquoi les violences sexuelles qu’infligent les hommes visent spécifiquement les femmes, et pourquoi cette violence sexuelle se fait le plus souvent par la pénétration du pénis dans le vagin, pourquoi ils attachent autant d’importance à érotiser et à promouvoir le coït/viol à tous les hommes à l’échelle massive à travers leur pornographie (leur culture, leurs arts, leurs médias) et pourquoi ils considèrent que violer c’est fondamentalement un acte d’assignation à la caste des femmes, même lorsque c’est un homme ou un garçon qui est violé. 
C’est bien parce que le viol des femmes est ce qui permet aux hommes de contrôler la reproduction (et peut-être d’avoir l’illusion de contrôler la vie?) qu’ils sont aussi obsédés par le fait de violer les femmes et obsédés par leur pénis en érection (tout ce qu’ils construisent est construit sur le modèle de: érection > pénétration > émission mortelle > destruction, comme des extensions meurtrières et phalliques d’eux-mêmes). C’est bien pour cela que la destruction et la haine des femmes est aussi nécessaire et intrinsèque à la maintenance de leur pouvoir et du monde qu’ils ont créé: parce que le pouvoir auxquels ils aspirent, celui de contrôler la reproduction, doit passer par le viol, ce qui nécessite la haine et la volonté de détruire les femmes. s’ils s’attachaient à aimer les femmes ils devraient immédiatement abdiquer leur illusion de toute-puissance, car la réalisation de l’horreur de leurs violences les ferait cesser. Le prix que les hommes sont prêts à payer pour contrôler la reproduction est celui-ci: la destruction de l’humanité. Ils me font pitié.
Toutes les complications liées au coït (grossesses non-désirées, grossesses non-désirées menées à terme, contrainte d’élever des enfants, avortements, infections, maladies infectieuses, VIH, prise de produits toxiques ou d’objets invasifs pour mitiger les risques des coïts, complications liées aux grossesses ou avortements pouvant aller jusqu’à un handicap à vie ou la mort) sont des conséquences des violences sexuelles qui sont spécifiques aux femmes dans l’oppression organisée par les hommes, que seules les femmes peuvent subir et seuls les hommes peuvent causer, et ce de manière intentionnelle (voir les posts de Factcheckme ici, ici, ici, ici et ici pour des critiques radicales du « PIV » et pour plus d’infos sur ce thème – PIV veut « Penis in Vagina » en anglais). 
La vulnérabilité des femmes à la violence sexuelle des hommes et surtout aux conséquences biologiques potentiellement meurtrières de ces violences dans une culture de viol où les hommes sont dressés à ne vouloir qu’une chose, coûte que coûte (et où toute leur organisation sociale de l’humanité est structurée pour faciliter cela): foutre leur pénis dans le vagin des femmes – est une donnée que nous devons prendre en compte dans nos théories et actions féministes radicales. Est-ce essentialiste d’affirmer que le pénis dans le vagin est en soi dangereux pour les femmes et utilisé de manière délibérée par les hommes comme stratégie génocidaire? Je dirais que c’est réaliste.
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